Rendez-vous ancestral en Argonne

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Un article publié dans le cadre du #RDVAncestral initié par Guillaume Chaix.

fleury

Fleury-devant-Douaumont

26 juillet 2017, la voiture roule doucement sur les routes tranquilles de l’Argonne dans la Marne. Avec Sylvie, nous avons choisi de prendre des vacances généalogiques et mémorielles, loin des plages et du soleil. Nous avons déjà visité Verdun : le mémorial, l’ossuaire, le cimetière , les forts de Vaux et de Douaumont… Difficile de dire que je suis heureux, ces visites ne prêtent pas à la joie ; pourtant je suis satisfait : je comprends mieux la guerre 14-18, les batailles, les souffrances aussi, je suis ému souvent, en colère également. Sous la pluie, nous avons arpenté le village disparu de Fleury, la zone où mon grand-père Hubert a été fait prisonnier en 1916. Il n’en reste rien. Des plaques indiquent les emplacements des fermes, des maisons, de l’école, de la mairie et de l’église. Des monuments commémoratifs sont dispersés au milieu d’un relief ravagé par les obus, mais adouci aujourd’hui par l’herbe et les arbres qui ont recouvert d’un linceul vert ce village martyr.

Nous avons donc quitté Verdun (et ses combats de 1916) pour aller un peu plus avant sur un autre terrain de bataille, l’Argonne de 1915. Je vais à la rencontre d’un « poilu », Joseph Nueil, le frère de l’arrière-grand-mère que j’ai connue dans mon enfance, celle qu’on appelait « mémé Delphine ». Joseph est né le 9 octobre 1881 à Courlay (Deux-Sèvres). Il n’a pas 10 jours quand il perd sa mère, Mélanie Blanchin, des suites de cette naissance difficile. Le père, « Gène » Nueil, se retrouve seul dans sa ferme avec 4 enfants dont un nouveau-né. La grand-mère, Désirée Gasse, le rejoint pour l’aider et s’occuper de la marmaille autant qu’elle peut mais, 6 ans plus tard, c’est elle qui décède à son tour. La famille déménage alors à Terves et c’est une servante, Joséphine Touraine, qui veille maintenant sur les enfants. À 20 ans, Joseph est bon pour le service militaire : direction le fort de Rosny et le 14ème régiment de zouaves pendant 3 ans. Il obtient le grade de caporal.

mariage joseph nueil delphine thibaudeau

Joseph Nueil et Delphine Thibaudeau à leur mariage

De retour à la vie civile, il travaille à la ferme familiale, il est cultivateur. Peu après, il épouse Delphine Thibaudeau le 19 novembre 1907. 4 ans plus tard, c’est la naissance de Marie-Joséphine, une petite qui malheureusement le restera, atteinte de nanisme. En 1914, après ses malheurs personnels, Joseph va connaître le malheur universel. La guerre contre l’Allemagne est déclarée, c’est la mobilisation générale et il est comme beaucoup rappelé sous les drapeaux. Il est cette fois incorporé au 3ème régiment d’infanterie coloniale de Rochefort, et se retrouve à combattre à l’automne 1915 sur ces terres de l’Argonne que je visite aujourd’hui. Le 21 octobre 1915, il est promu sergent. 15 jours plus tard, le 5 novembre 1915, sa vie s’arrête à Massiges dans la Marne, « tué à l’ennemi » . Il avait 34 ans. Mort pour la France, comme ils disent !

tombe nueilLe GPS m’emmène là où je veux aller, à la nécropole Pont-de-Marson située à

tranchée

Tranchée de la main de Massiges

Sur le retour, je décide de faire un petit crochet sur le site de la « main de Massiges », un panneau indicateur nous y invite et c’est sans doute sur ce morceau de territoire qu’est mort Joseph. La route goudronnée se termine par un chemin blanc, nous arrivons sur un petit parking où je stationne notre voiture. Et là, agréable surprise, des panneaux expliquent que des bénévoles reconstituent peu à peu les tranchées et les abris, tels qu’ils étaient pendant la guerre 14-18. Ils les ont recreusés à l’identique, ils ont retrouvé les poutres, les tôles qui les consolidaient, ils ont disposé des objets retrouvés. En réhabilitant ce site de mémoire, ils ont aussi découverts des ossements oubliés depuis plus de 100 ans. Avec Sylvie, nous explorons ces galeries. C’est par ici que Joseph a vécu ses derniers jours. Aujourd’hui, plus de mitraille, plus de puanteur, plus de vermine, plus de sang et même pas de boue. L’air est frais et sec et le soleil brillerait presque. Que s’est-il passé il y a plus de 100 ans, ce 5 novembre 1915 ? Le journal du régiment n’existe plus entre le 1er avril 1915 et le 1er février 1916. Après l’offensive de la main de Massiges du 25 septembre au 8 octobre qui avait fait 15 000 morts inutiles, le front s’était stabilisé et Joseph avait gagné ses galons de sergent. C’était le cœur de l’automne, il faisait sûrement froid, peut-être pleuvait-il ?

Aujourd’hui, je ne te rencontre pas, Joseph, même si je te devine furtivement au fond d’un abri, au détour d’une tranchée. Je ne peux même pas imaginer ce que tu as souffert et ce que tu as enduré, comme tous ces jeunes hommes de France, d’Allemagne, d’Afrique et d’ailleurs… Je ne sais pas comment tu es mort et je sais encore moins pourquoi. Au cimetière, je ne t’ai pas entenduLes fusils commencent à claquer et bientôt un barrage acéré tombe sur nos unités.
Bientôt, ce sont des cris, des hurlements d’horreur.
Des hommes tombent, cassés en deux dans leur élan.
Il faut franchir la plaine balayée par les balles, les membres disloqués, la figure noire, horrible.
Nous arrivons près d’eux et un terrible corps à corps s’engage.
Les fusils ne peuvent plus nous servir et c’est à l’aide de nos pelles que nous frappons.
On titube.
On voit un tourbillonnement d’hommes qu’on ne reconnaît pas, qu’on n’entend plus.
Je saigne du nez et des oreilles, je suis fou, je ne vois même plus le danger, je n’ai plus songe à rien, mon rôle est fini.
Je me vois les reins brisés, étouffant, creusant la terre de mes mains, et là, tout près de moi s’élève, monotone, une plainte d’enfant « J’ai mal, maman, mon Dieu, je vais mourir ».

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Illustration de Jacques Tardi

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Le chagrin des vivants

Cet été, Raymond et moi sommes allés passer quelques jours en Argonne et à Verdun. Nous avons tous les deux des grands-pères, des grands-oncles… qui ont connu l’horreur de la guerre et des combats. Certains sont revenus, d’autres pas, ce voyage a été l’occasion d’aller à leur rencontre. Raymond va l’évoquer très bientôt et je vous propose de vous plonger dès à présent dans cette Grande Guerre avec un roman lu au printemps.

Dans Le chagrin des vivants, Anna Hope évoque les années qui suivent la guerre 14-18. À Londres, en ce mois de novembre 1920, alors que le pays se prépare à accueillir son soldat inconnu, trois femmes, unies par d’invisibles liens, essaient de survivre au traumatisme de la guerre.
Evelyn a perdu son fiancé et son frère, survivant, s’étourdit chaque nuit dans les fêtes et l’alcool. Ada pleure son fils mais ne peut faire son deuil, le corps de son enfant n’a pas été retrouvé et c’est par un message laconique qu’elle a appris son décès. Enfin, Hettie est une toute jeune femme qui vit avec sa mère et son frère revenu brisé de la guerre. Elle travaille dans un dancing où elle côtoie chaque jour d’anciens soldats. Au cours des cinq jours qui précédent l’arrivée du soldat inconnu, chacune va essayer de faire un pas vers l’avenir. Petit à petit nous découvrons des liens qui se tissent, des secrets qui s’avouent et peut-être un espoir de lendemains meilleurs.

Dans ce récit choral, les femmes évoquent l’indicible, racontent les souffrances qu’elles côtoient, celles qu’elles vivent ; et en filigrane pointe le sentiment de culpabilité des survivants. Ce premier roman, servi par une écriture fluide, nous offre trois beaux portraits de femmes. Un récit juste et tout en sensibilité sur l’impossible oubli mais aussi sur la vie plus forte que tout.

Cérémonie devant la tombe du Soldat inconnu britannique à l’abbaye de Westminster, 18 novembre 1920. Source : Corbis

 

Quand la dysenterie frappait le Poitou

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C’est en parcourant un registre de Saint-Hilaire-sur-l’Autize (en Vendée) à la recherche de l’acte de décès de Modeste Sorin, en septembre 1779, que j’ai remarqué un nombre inhabituel de décès. J’ai très vite retrouvé trace d’une épidémie de dysenterie qui a touché la France cette année-là.
La dysenterie de 1779 a atteint très inégalement les provinces du royaume, les plus touchées, de beaucoup, étant les provinces de l’Ouest correspondant aux intendances de La Rochelle, Poitiers, Rennes et Tours, dévastant des cantons entiers. La maladie tue près de 175 000 personnes en France, dont 90 000 dans les 4 intendances déjà citées. Elle semble être apparue en juillet 1779, et s’être étendue rapidement au cours des mois d’août et de septembre pour atteindre son paroxysme fin septembre avant de refluer doucement.

dysenterie 17e siecle epidemie
La Société Royale de Médecine constate dès octobre qu’il s’agit bien d’une épidémie de « dysenterie bacillaire ». Les mémoires et rapports concordent tous dans leur description saisissante des symptômes observés : fort cours de ventre avec tranchées violentes et ténesmes très douloureux, matières glaireuses et sanguinolentes devenant purulentes, puis vermineuses, vomissements continuels avec hoquet, fièvre accompagnée de sueurs froides.
La réaction des autorités est aussi rapide et efficace qu’elle peut l’être pour l’époque. Dans presque toutes les intendances, il existe un « service des épidémies » qui dépêche sur place un médecin ou un chirurgien avec mission d’organiser les secours et de distribuer remèdes et vivres aux frais du gouvernement. La maladie frappe durement le pays, cependant ces médecins vont permettre de limiter la contagion et par là même le nombre des victimes : il y a eu 2 à 3 fois moins de morts en 1779 que lors de la dysenterie de 1707.

J’ai eu envie de savoir de quelle manière cette épidémie a touché mes ancêtres et leurs proches. Pour cela, j’ai dépouillé les registres de 4 paroisses : St-Hilaire-sur-l’Autize (1400 habitants), Coulonges-les-Royaux ( 1400 hab.), Saint-Maixent-de-Beugné (500 hab.) et Saint-Laurs (400 hab.)

disyenterie_cassini_1779

Il faut bien sûr garder à l’esprit que la dysenterie n’est pas responsable de toutes les disparitions de 1779. Cependant, si on regarde les chiffres, on comptabilise au cours du second semestre 136 décès à St-Hilaire-sur-l’Autize, 98 à Coulonges-les-Royaux, 35 à Saint-Maixent-de-Beugné et 28 à Saint-Laurs. Le diagramme suivant, montre pour 2 paroisses, l’évolution des décès au fil des mois avec un pic de l’épidémie en septembre et octobre et des chiffres bien plus importants que sur une année habituelle.

dysenterie_1779

Les plus jeunes sont très fortement touchés, entre 50% et 60% des morts ont moins de 20 ans : ce taux de mortalité est bien supérieur à la normale, enfants et adolescents entre 5 et 20 ans payent le plus lourd tribut.
On remarque qu’en proportion, Coulonges-les-Royaux est moins affecté que les 3 autres paroisses, c’est un bourg plus important et l’épidémie est plus virulente dans les campagnes.

Dans mon arbre généalogique, toutes paroisses confondues, je relève 39 personnes qui sont décédées au cours du second semestre de 1779. Même si toutes ne sont pas mortes de la dysenterie, il est évident qu’un certain nombre ont péri à cause de la maladie. Parmi elles, 3 sont des sosas : Marie Dieumegard, Marie Mocquet et Jacques Bredoire.
Marie Dieumegard est la veuve de Jacques Garnier, laboureur puis journalier, elle meurt à Coulonges-les-Royaux le 7 novembre âgée de 75 ans.
Marie Mocquet n’a que 34 ans quand elle s’éteint le 19 novembre 1779 au Busseau. Elle laisse son époux Pierre Gourdien, un bordier, veuf avec 2 à 3 enfants en bas âge. Pierre se remariera moins de 2 ans plus tard.
Jacques Brédoire, bordier et tisserand, est veuf, il trépasse le 6 octobre 1779 à Saint-Maixent-de-Beugné à l’âge de 67 ans.
Tous les 3 appartiennent à des familles plutôt pauvres, lesquelles sont plus sujettes à contracter la maladie. L’épidémie se développe sur la misère et, dans la plus grande partie des campagnes de l’Ouest, l’alimentation est insuffisante et mal équilibrée, l’hygiène lamentable et les préjugés tenaces quant aux soins à apporter aux malades.
Je relève aussi 2 familles durement touchées par la contagion. Jean Fauger et Jeanne Pouvreau vont perdre 3 enfants entre le 12 et le 30 septembre. Seul le petit dernier, né en juin de la même année, survit. Quant à Jean Mallet et Angélique Soulezelle, c’est leurs 4 enfants qui s’éteignent entre le 23 octobre et le 21 novembre à Saint-Laurs.

Au regard du nombre de morts dans cette partie du Poitou, on peut penser que les autorités y ont envoyé des médecins. Ils ont dû proposer, avec plus ou moins de succès, saignées, purgatifs ou laudanum. Ils ont surtout du essayer d’isoler les malades et de prescrire des mesures d’hygiène élémentaires tout en imposant, quand ils le pouvaient, un strict régime en distribuant aux paysans encore indemnes bouillons, pain et viande. Sans cela, le tribut à payer aurait sans doute été encore plus lourd pour mes ancêtres.

Sources :

Lebrun, François. Une grande épidémie en France au XVIIIe siècle : la dysenterie de 1779. In: Annales de démographie historique, 1973.

La dysenterie de 1779 sur les blogs :
En Vendée chez Frédéric De moi à la généalogie.
En Mayenne chez Dominique Degrés de parenté.

Mes petits soldats (3) : La Seconde République et le Second Empire

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Napoléon III

Après avoir étudié les jeunes hommes de ma famille face à la conscription et à l’armée sous l’Empire, puis pendant la Restauration, j’arrive à une nouvelle période qui va de la Seconde République (1848-1852) au Second Empire (1852-1870), avec toujours le même homme à la tête de l’État, Louis-Napoléon Bonaparte devenu en 1852 l’empereur Napoléon III. Malgré les deux changements de régime, le service militaire évolue peu : le service se fait toujours par engagement ou tirage au sort et dure autour de 6 ans. Cependant, à partir de de 1855, si on veut éviter l’armée, il n’est plus nécessaire de se chercher un remplaçant, il suffit de payer une taxe. Encore faut-il pour cela en avoir les moyens (le coût était de 1800 à 3000 F selon les années !) Pour les jeunes gens, le rituel est toujours le même : l’année des 20 ans, ils doivent se rendre au chef-lieu du canton où a lieu le conseil de révision et le tirage au sort des conscrits. J’ai retrouvé entre 1848 et 1870 dans ces listes du département des Deux-Sèvres, 20 jeunes hommes de ma famille dont 4 sont mes ancêtres directs. Les renseignements donnés sont encore rares et bien souvent parcellaires : il peut selon les cas manquer la taille, la décision finale (exempté, apte…) ou le motif de cette décision. Toutefois, je connais maintenant le degré d’instruction de beaucoup : nous sommes avant que l’école soit obligatoire et cela se ressent pour les 18 renseignés : ce degré d’instruction est de 0 pour les quatre qui ne savent ni lire ni écrire, de 1 pour les quatre autres qui savent juste lire et de 2 pour les dix qui savent lire et écrire, mais n’ont pas le niveau d’instruction primaire. Il me faut attendre 1867 pour avoir enfin de vrais dossiers matricules riches en information : filiation, adresse, description physique du visage, profession, degré d’instruction, taille, parcours militaire, grades…

conscrit

Image populaire de la conscription

Sur toute cette période, on ne sent toujours pas une grande envie chez ces jeunes ruraux de participer à la gloire militaire de la France. Ce n’est plus le temps de la résistance puisque je ne vois plus de réfractaires, mais nous n’en sommes pas encore à l’obéissance. Sur les 20 garçons étudiés, je sais qu’au moins 8 demandent à en être exemptés (sans doute bien plus car les autres ne sont pas renseignés). Les motifs sont variés : l’estomac, les varices, l’agitation nerveuse, un membre cassé ou la situation familiale. Leur demande n’est pas acceptée pour tous puisque sur ces 8, trois sont déclarés aptes.

Il y a finalement 9 exemptés : 2 sont trop petits (1m50 !!), 2 bénéficient de raisons familiales (un frère déjà au service, soutien de famille car fils unique), 2 sont jugés trop faibles, 2 ont un handicap (surdité, problèmes psychiques) et le dernier a des varices ! Sur les 11 qui sont finalement bons pour le service, 4 ont les moyens de payer la taxe pour en être exonéré. Ce n’est donc finalement que 7 jeunes gens sur les 20 recensés qui doivent faire leur service.

siège sébastopol

Le siège de Sébastopol par Franz Roubaud (source Wikipédia)

Quant à l’affectation et à la destination des soldats, les archives ne me disent rien avant 1867. C’est grâce à la transmission orale familiale que je sais que, du côté de ma mère, Théodore Nueil a sans doute participé à la guerre de Crimée contre la Russie (1853-1856) et qu’il a dû en parler bien souvent pour que je sois au courant 150 ans après. Et une autre légende, du côté paternel, m’apprend que Jacques Chesseron a fait son service en Algérie à la même époque (son histoire est racontée ici). Par contre, pour les deux jeunes qui ont été appelés à servir à partir de 1867, c’est grâce aux registres que j’ai des renseignements précis. Leur période militaire commence à la fin du Second Empire et se termine au début de la IIIe République. Je sais ainsi que, en rejoignant le 1er bataillon, 2ème compagnie, mon ancêtre Eugène Nueil a participé à la guerre contre l’Allemagne. Et je sais aussi que le frère d’un ancêtre, a été affecté à l’escadron du train des équipages de la garde impériale : Henri-Charles Rabit a fait ensuite la campagne d’Allemagne du 30 août 1870 au 7 mars 1871, et enfin la campagne de Versailles (conclue par la répression de la Commune de Paris) du 18 mars au 7 juin 1871 : il obtient suite à tout cela un certificat de bonne conduite. Les 4 petits soldats dont je connais les états de service sont tous entraînés dans des conflits qu’ils n’ont sans doute pas voulu : aventure coloniale en Algérie, guerre de Crimée opposant des impérialismes, conflit de 1870 annonciateur des suivants avec l’Allemagne, guerre civile et sociale à Paris.

Mes petits soldats sont toujours petits, ils n’ont pas grandi. La moyenne des 5 soldats dont je connais la taille est de 1,63 m. Quant à mes 4 aïeux directs concernés par la période, ils ont eu 3 situations différentes face à l’armée. Auguste Chesseron, apte, a été exonéré en payant. Jacques Turpaud et Pierre Blais ont été exemptés pour faiblesse. Seul Eugène Nueil a fait son service (et même la guerre). Est-ce que cette variété de situations va perdurer durant la prochaine période (1870-1914) ? Mes petits soldats vont-ils enfin grandir ? Vous le saurez en lisant mon futur article Mes petits soldats (4) : la  IIIe République de 1870 à 1914 (Quel suspense !)

Projet Philomène (3)

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bandeau philomène2Suite à une idée de Sophie Boudarel, je termine l’évocation des « Philomène » de mon arbre généalogique, avec toujours en bandeau un dessin d’Ernie Bushmiller. Les albums qu’il a dessinés, « Nancy », ont été popularisés en France sous le titre de « Arthur et Zoé », mais au Québec, c’était « Philomène ». Voici ma 3ème et dernière SOSA prénommée « Philomène ».

Philomène Marie Rosalie RATRON, ma SOSA n° 25, est la grand-mère paternelle de mon grand-père maternel. Elle naît le 12 janvier 1843 à Saint-Sauveur-de-Givre-en-Mai, dans la ferme de Beuvron. Son père, Jean RATRON, est cultivateur mais aussi scieur de long. Il est également le maire de son villlage depuis 13 ans, mais il va bientôt arrêter d’occuper cette fonction. Sa mère, Marie-Céleste BERTRAND, a déjà connu 4 accouchements. Philomène est et restera la petite dernière de la famille. Elle ne se souvient pas de sa sœur aînée, décédée 2 ans après sa naissance. Elle grandit donc sous la surveillance sans doute bienveillante de ses parents et de ses 3 grands frères. Elle a la chance de recevoir de l’instruction, ce qui n’était pas acquis pour toutes les filles à l’époque : elle apprend à lire et à écrire, comme ses frères et comme ses parents avant elle. Le 6 juin 1862, à Noirterre, à l’âge de 19 ans, elle épouse Auguste FROUIN, un fermier plutôt aisé et bien plus âgé qu’elle puisqu’il a 41 ans. Ils vivent et travaillent ensemble à la ferme de la Braudière à Terves. 6 enfants naissent de cette union mais un garçon décède bien jeune à l’âge de 5 ans. En 1888, elle a 45 ans quand elle devient veuve. Elle connaît d’autres chagrins : ceux de voir mourir sa fille Marthe âgée de 26 ans en 1897 puis son fils Auguste âgé de 21 ans en 1899, avant de s’éteindre à son tour dans sa maison le 29 mai 1902. Elle avait 59 ans.

signature philomène ratron

Philomène Ratron, Philomène Rabit et Philomène Poirier ont eu 3 destins différents, des vies plus ou moins longues, plus ou moins heureuses… Elles ont cependant en commun d’être des femmes de la campagne, nées et élevées dans la foi religieuse au XIXe siècle. Le prénom qui leur a été donné à la naissance en est un peu la preuve : c’est celui d’une sainte italienne mise en avant (et à la mode en conséquence) par le curé d’Ars, si vénéré dans l’Église catholique à l’époque.

Madeleine Project

L’an dernier lors du challenge AZ, j’avais évoqué Madeleine Project. Aujourd’hui, le livre Madeleine Project, publié aux Éditions du sous-sol, reprend les 2 premières saisons du reportage de Clara Beaudoux sur Twitter.
Avec Madeleine project Clara Beaudoux fait revivre Madeleine, une femme qui a traversé le vingtième siècle sans faire de bruit. Voici l’histoire d’une vie condamnée à disparaître sans la curiosité d’une jeune journaliste.

Un jour, Clara Beaudoux emménage dans un appartement qui dispose d’une cave. Mais quelle n’est pas sa surprise, quand elle descend à la cave, de découvrir que l’endroit regorge des souvenirs de l’ancienne propriétaire, Madeleine.

Clara trouve des objets oubliés, des lettres, des journaux… et fait peu à peu connaissance avec Madeleine. Elle va partager ses découvertes, via Twitter, tout au long d’une semaine. Chaque matin, elle poste des photos, accompagnées de quelques mots, parfois des vidéos, du son… Avec elle, nous entrons dans l’intimité de Madeleine.
Des liens se tissent entre Clara et Madeleine mais aussi avec tous ceux qui les suivent sur Twitter. Clara hésite, se pose des questions : a-t-elle raison de révéler tout cela ? Madeleine aurait-elle aimé voir sa vie dévoilée ? Et nous nous interrogeons avec elle. Pourtant, tout cela est très vite balayé par le lien qui se noue entre Madeleine et Clara, et bien sûr avec nous, les lecteurs ! Un lien fort qui grandit au fil des jours : c’est une émotion qui nous saisit au hasard d’un tweet, un sourire qui naît devant une découverte, un chagrin qui nous surprend.
Nous sommes nombreux à avoir été fidèles au rendez-vous. La première saison est bientôt suivie d’une seconde où Clara recherche ceux qui ont connu Madeleine. Le livre reprend ces 2 saisons et, quand on l’ouvre, on retrouve intacte l’émotion de notre première lecture.

Si vous ne connaissez pas encore Madeleine, plongez dans ce petit album qui parle de souvenir, de mémoire et de partage.
Vous pouvez aussi retrouvez la saison 1 et la saison 2 en ligne. Depuis, le #Madeleine Project a connu une saison 3 et récemment une saison 4.

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Projet Philomène (2)

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bandeau philomène

Suite à une idée de Sophie Boudarel, je continue d’évoquer les « Philomène » de mon arbre généalogique, avec en illustration un dessin d’Ernie Bushmiller. Les albums qu’il a dessinés, « Nancy », ont été popularisés en France sous le titre de « Arthur et Zoé », mais au Québec, c’était « Philomène ». Après Philomène Poirier, voici ma 2ème « Philomène ».

Marthe Philomène Rabit, ma SOSA n°23, est la grand-mère maternelle de ma grand-mère paternelle. Elle est née le 14 juillet 1845 à Coulonges-Thouarsais. Elle est la fille aînée d’un couple de journaliers, Charles Rabit et Louise Biardeau, qui aura aussi 3 ans plus tard un fils, Henri. L’instruction n’étant alors ni une obligation, ni une priorité pour les filles, elle n’apprend sans doute pas à lire et à écrire, contrairement à son frère, et elle ne sait pas signer le jour de son mariage. Ce 4 novembre 1873, elle épouse à Sanzay un jeune veuf, Auguste Goron, qui exerce le métier de cultivateur. Ils ont tous les deux 28 ans. Ensemble, ils exploitent la ferme des Places à Sanzay et élèvent les 4 enfants nés de leur union. Lui deviendra même le maire de sa commune. Entre 1896 et 1904, Marthe Philomène (qui se faisait appeler Louise) est donc la femme du maire de Sanzay. Son mari meurt le 9 septembre 1912. Quant à son décès, je ne l’ai toujours pas trouvé mais il est postérieur à cette même année. Pour illustrer cette vie apparemment sans heurts ni drames, je n’ai pas de photos d’elle, pas de carte postale du petit village où elle a vécu, juste quelques actes d’état civil, comme celui-ci, rédigé le jour de sa naissance !

naissance philomène rabit

Découvertes dans les registres notariés

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J’ai peu l’occasion de me déplacer aux Archives départementales des Deux-Sèvres. Cependant, j’ai décidé que mes visites seraient maintenant, du moins en partie, consacrées à l’examen de registres notariaux susceptibles de contenir des actes évoquant mes ancêtres. Mon objectif est d’explorer les actes des notaires installés sur les lieux de vie de mes ancêtres, le centre-ouest des Deux-Sèvres et le centre-est de la Vendée, pour tout ce qui est antérieur au 19e siècle. Concrètement, j’y repère tout ce qui évoque mes ancêtres, mais aussi leurs frères, sœurs, neveux… bref toutes les familles qui se retrouvent dans mon arbre. Je veille aussi aux signatures et aux actes d’assemblée des paroisses.

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Scènes d’accordailles, 1740. © Images d’art.  Rennes, Musée des beaux-arts

J’ai commencé tout récemment avec les registres de Paul Moreau notaire à Coulonges-les-Royaux entre 1736 et 1778. De retour chez moi, j’ai entamé l’étude des actes photographiés et je peux dire que j’ai eu la main heureuse !
J’ai découvert le contrat de mariage de mes sosas Pierre Gautier (sosa 298) et Marie Charon (sosa 299). Je savais que leur union avait eu lieu vers 1735 sans doute en Vendée à Saint-Hilaire-sur-l’Autize où les registres ne commencent qu’en 1748. Je ne comptais plus trouver leur acte de mariage, mais ils ont eu la bonne idée de passer un contrat de mariage dans les Deux-Sèvres, à Coulonges-les-Royaux. J’ai ainsi appris qu’ils se sont mariés un peu plus tard que je le supposais, après le 20 septembre 1739. Dans l’acte, je découvre le nom de leurs parents respectifs. Cela me permet d’ajouter une génération 10 à cette branche.

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Contrat de mariage entre Pierre Gautier et Marie Charon, Coulonges-les-Royaux 20 septembre 1739. Notaire Paul Moreau AD79 3 E

Depuis, j’ai même pu retrouver les grands-parents maternels de Pierre Gautier et les 2 grands-pères de Marie Charon et je pense pouvoir encore étoffer mes connaissances sur leur histoire.
Ma deuxième découverte, je l’ai faite grâce à l’acte de succession de Jacques Mitard dont j’avais la quasi-certitude qu’il était le frère de ma sosa 577, Élisabeth Mitard, épouse de Pierre Morisset (sosa 576). Ce très long acte m’apporte beaucoup d’informations et confirme mes suppositions. Jacques Mitard est bien le frère d’Élisabeth et par conséquence, Pierre Mitard et Catherine Juin, les parents de Jacques, sont bien ceux d’Élisabeth.

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Succession de Jacques Mitard, Coulonges-les-Royaux 14 juillet 1737.
Notaire Paul Moreau AD79 3 E

Quelques semaines plus tard, lors d’un nouveau rendez-vous aux AD79, j’ai parcouru les registres du notaire François Gendroneau installé au Busseau entre 1736 et 1750. Là encore de belles révélations !
La plus intéressante concerne un acte que j’aurais pu ne pas remarquer : c’est un contrat de mariage, mais il ne concerne aucun de mes sosas. Cependant, la future mariée, Hélène Gachignard, est la veuve de Jacques Mitard, un nom que je croise souvent dans ma généalogie. J’ai donc photographié cet acte et bien m’en a pris. À la lecture complète du contrat, je découvre des témoins-clés et le lien de parenté qui les unit tous. J’y retrouve mon sosa 128, Jacques Morisset, pour lequel j’ai fait de nombreuses recherches. Il est présent sur ce contrat, avec sa femme Marie Savineau (sosa 129) ainsi que le père de cette dernière Nicolas Savineau (sosa 258). Sans entrer dans les détails, l’acte m’a permis de confirmer une hypothèse jusqu’à maintenant très incertaine. J’ai pu fusionner mon ancêtre Nicolas Savineau époux de Perrine Texier et Jeanne Rezeau avec Nicolas Savineau époux de Marie Mitard. Et cela m’apprend que la mère de Marie Savineau est Marie Mitard et non Perrine Texier.

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Contrat de mariage entre Jean Dahay et Hélène Gachignard, Le Busseau 16 janvier 1742. Notaire François Gendroneau AD79 3 E13298

Ces découvertes me confortent dans ma décision d’explorer de façon systématique les registres notariaux susceptibles de renfermer des actes évoquant mes ancêtres. C’est cependant un vaste programme : les registres sont nombreux et la zone géographique est assez large. Il me reste maintenant à mettre en place une organisation et à tenir à jour l’avancée de mes travaux. J’ai déjà établi un tableau des notaires qui peuvent m’intéresser, je vais maintenant y ajouter les dates des diverses liasses et leur côte aux AD79. Et, comme les Archives Départementales de la Vendée ont aussi numérisé diverses études qui peuvent me concerner, je vais pouvoir explorer cette piste. De plus, je me rends compte de l’utilité d’aller au-delà des sosas : c’est aussi en fouillant les actes des parents, proches mais aussi lointains, que l’on trouve des renseignements intéressants.

Me voilà rassurée, la généalogie n’a pas fini de m’occuper. Et je n’ai presque pas abordé les autres sources des Archives…

Le 14 juillet 1789 vu dans un village du Poitou

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Comme aujourd’hui c’est le 14 juillet, je réactualise cet article paru au début du blog qui montre comment pouvaient être perçus les évènements de juillet 1789 dans un petit village du Poitou.

À la fin de 1789, Imbert, curé de Rigné (commune près de Thouars, rattachée en 1973 à Mauzé-Thouarsais) fait le bilan, dans son registre paroissial (BMS Rigné 1730-1792, vue 271), d’une année riche en évènements. Après quelques considérations sur le climat, les récoltes et le coût des céréales, il  relate de façon assez complète comment se sont déroulés les États généraux à Versailles, et quel a été le comportement des représentants des trois ordres. En faisant ce récit, le prêtre garde un ton neutre, presque journalistique. En tout cas, il ne soutient pas son ordre, celui du clergé, et il montre même la division de celui-ci durant les États généraux, « …quelques nobles, quelques évêques et curés se sont réunis au tiers. »

Il parle ensuite du ressenti dans les campagnes avec la Grande peur : « Le 22 juillet, il y a eu une commotion générale dans cette province et dans la province voisine, à peu près à la même heure, à 2 heures de l’après-midi, on a annoncé que des brigands saccageaient, pillaient les villes et les châteaux. On a pris des cocardes, on a formé des comités. »

Mais ces évènements ne sont rien par rapport à ce qui s’est passé à Paris (mais qu’il ne situe pas le 14 juillet) : « Le 17 du mois, l’alarme à Paris fut plus réelle. On découvrit une trame pour dissoudre les États généraux qui discutaient le veto absolu ou suspensif du souverain. On forme, on s’assemble, on choisit un chef, on attaque la Bastille, on y entre par une communication de ce château à la maison de Launay*, le gouverneur. Il avait fait entrer précédemment quelques bourgeois, point notables à la vérité, et avait fait tirer dessus après avoir fait lever le pont, dit-on. Il était d’intelligence avec Lambesc* qui lui avait écrit de tenir bon 24 heures. Il fut massacré. »

Lallemand_Arrestation_gouverneur_Bastille_1790

« Arrestation du gouverneur de la Bastille » de J.-B. Lallemand

Le prêtre continue son récit et le ton qu’il emploie donne l’impression qu’il a participé aux évènements des jours suivants au côté du peuple de Paris, même quand ils sont sanglants : « On démolit la Bastille, on arrête Foullon*, ministre depuis 48 heures, on le conduit à Paris de la terre de Meaux. On le pend, on lui coupe la tête, on la porte à Berthier*, ancien intendant de Paris qui s’était enfui et qu’on arrête. On l’amène, il essuie le même sort que son beau-père. De Flesselles*, prévôt des marchands est égorgé, on l’accusait d’être du complot du ministère qui voulait bouleverser, incendier, égorger la capitale… »

Le curé Imbert est bien informé et donne de nombreux détails sur ces jours historiques. Quelques mois ont passé depuis juillet, les nouvelles se sont répandues dans le Thouarsais  comme dans tout le royaume. Le ton de son récit montre bien que le régime en place était à bout de souffle, et qu’il n’était pas soutenu dans les provinces.  Il semble pourtant croire encore, en cette fin d’année 1789, en la personne du roi et en une réconciliation nationale possible puisqu’il termine son récit ainsi : « Le roi vient à Paris le 26 (le 17 juillet en fait), se montre au peuple, prend la cocarde, on le chante, on l’aime, on sait qu’il veut le bien. »

La suite de l’Histoire allait lui donner tort en moins de 4 ans. Le roi Louis XVI fut guillotiné en 1793 à Paris et la nation se déchira cette même année, dans la région toute proche notamment, pendant les guerres de Vendée.

Guillotine_Louis XVI_1793

« Exécution de Louis XVI », gravure allemande.

* Bernard René Jordan marquis de Launay est le gouverneur de la Bastille en 1789, lynché le jour même du 14 juillet.
* Charles-Eugène de Lorraine, prince de Lambesc, est maréchal de camp, chargé par le roi de la défense de la capitale.
* Joseph François Foullon est contrôleur des finances du royaume depuis le 12 juillet 1789. Très impopulaire, il se réfugie à Viry-Chatillon où il est arrêté par des paysans, conduit à Paris et pendu le 22 juillet.
* Louis Berthier de Sauvigny, gendre du précédent, est chargé en 1789 de l’approvisionnement de Paris. Accusé de créer la disette, il subit le même sort que son beau-père le même jour.
* Jacques de Flesselles, prévot de Paris, est assassiné le 14 juillet, car soupçonné de connivence avec la Cour.

Projet Philomène (1)

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philomène 2

Suite à une idée de Sophie Boudarel, je vais évoquer les « Philomène » de mon arbre généalogique. Si 9 portent ce prénom, je ne parlerai que des 3 qui sont mes SOSA. Comme j’aime bien la bande dessinée, je leur ai dédié un bandeau, rien que pour elles. Je l’ai créé à partir d’une image extraite d’une très ancienne BD pour enfants d’Ernie Bushmiller (elle date de 1933). Les albums qu’il a dessinés, « Nancy », ont été popularisés en France sous le titre de « Arthur et Zoé », mais au Québec, c’était « Philomène ». Voici ma 1ère « Philomène ».

Philomène Alphonsine Ernestine POIRIER (qui se faisait appeler par son 2ème prénom, Alphonsine) est mon SOSA numéro 15 : elle est la mère de ma grand-mère maternelle. Elle est née le mercredi 2 février 1878 à la ferme Bois-Maurice de Montigny, petite commune rurale des Deux-Sèvres. La fille du couple de cultivateurs Victor POIRIER et Marie-Louise DAGUISÉ est la benjamine d’une fratrie de 5 enfants, arrivée au monde dix ans après ses aînés. Dans la ferme familiale, elle a sans doute grandi choyée de tous, grâce à son statut de petite dernière. Le 20 novembre 1899, à l’âge de 21 ans, elle épouse Gustave TURPAUD, un paysan de 5 ans son aîné. Ce dernier habite le bourg de Terves et travaille dans la ferme familiale. Trois ans s’écoulent, et, le 13 mars 1902, Philomène donne naissance à celle qui deviendra ma grand-mère maternelle. « Mémé de Terves » n’avait aucun souvenir de sa maman car, le 13 août 1902, à 6 heures du matin, Philomène décède dans sa maison du bourg. Sa petite fille n’a que 6 mois et elle que 24 ans. Philomène est morte si jeune que je n’ai aucune trace d’elle qui lui redonnerait un peu de vie : je n’ai pas de photo où elle apparaît et je ne connais même pas sa signature car l’acte de son mariage a disparu du registre des AD des Deux-Sèvres.

Il ne me reste donc, pour illustrer la trop brève vie de Philomène Alphonsine Ernestine POIRIER, que son acte de naissance et son acte de décès.