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Après les périodes révolutionnaire et napoléonienne, la Restauration de la monarchie s’accompagna, dans les régions concernées par les guerres de Vendée, de la possibilité d’avoir une pension au titre d’ancien combattant du Roi. Chaque dossier devait comprendre 4 documents :

  • un acte de naissance (un acte de baptême, extrait d’un registre paroissial de fait)  ou si le document n’existe plus, un acte de notoriété avec le témoignage de plusieurs personnes établissant la filiation
  • un rapport du demandeur et de témoins établissant ses états de service pendant les Guerres de Vendée (combats, blessures, services rendus…)
  • un certificat d’un officier de santé détaillant les blessures, invalidités et séquelles actuelles
  • un certificat d’indigence établi par le maire de la commune.

Dans le cas de Charles Athanase Papin qui fait sa demande à Cirières en 1824, cela m’a permis de trouver les parents de ce cousin d’aïeul, introuvables sinon, car les registres de la paroisse ont disparu. Je sais maintenant qu’il est le fils de Jean Papin et de Renée Merle, né le 2 mai 1763 à Cirières.

J’apprends aussi qu’il a plus que participé aux différentes guerres de Vendée et découvre ses nombreux états de services : « le dit Papin a servi dans les armées vendéennes savoir en qualité de capitaine dans la première guerre et commissaire dans la seconde, que pendant le mois de mars 1794 (1793 en fait), étant vivement poursuivi à Vezins, il tomba et se démit le pied droit dont il est toujours resté estropié, et dans le courant de l’année 1796 (1799 en fait), à l’affaire de Chambretaud, il fut atteint d’une hernie qu’il a toujours conservée… ». Charles Athanase est donc un Vendéen très engagé dans son combat. Il a été capitaine de paroisse, il a participé à la bataille de Vezins, victoire des Vendéens sur les républicains, près de Cholet le 19 avril 1793. Il était encore actif dans le combat en 1799, alors que la région était largement pacifiée, puisqu’il s’est battu le 18 novembre 1799 à Chambretaud, également à proximité de Cholet, une des dernières défaites vendéennes. On apprend enfin que lors d’une ultime tentative de soulèvement de la Vendée en 1815, il était commissaire pour les vivres.

Le_Vendéen

« Le Vendéen » de Julien Le Blant

Guerre_Vendée_Cholet

« Henri de La Rochejacquelein au combat de Cholet » de P.-E. Boutigny

Le certificat de M. Bienvenu, chirurgien à Courlay, est très complaisant et soutient totalement la demande de Papin. Il y a une description très complète de sa cicatrice à la jambe (accompagnée de gonflement, ankylose et varices…) et de son hernie inguinale (volumineuse, avec étranglement). Il conclut : « il est facile de voir que le sieur Papin est dans l’impossibilité de pourvoir à sa subsistance et quoiqu’il n’était pas blessé, il n’en est pas moins hors d’état de travailler… D’ailleurs, les infirmités dont il souffre sont bien la suite des fatigues de la guerre… »

Le maire de Cirières termine le dossier par un bref rapport qui atteste de l’état d’indigence du demandeur ainsi que du fait qu’il ne bénéficie d’aucune aide. Papin fait préciser ailleurs une des causes de cette indigence : « les républicains lui ont enlevé son mobilier et son bétail, comme étant un officier des armées royales. »

Sa demande sera finalement exaucée puisqu’il reçoit une pension de 100 francs en 1825. Il reçoit même une seconde aide de la même somme en 1831. Ce cultivateur, sans doute célibataire, décède peu après, à Cirières, le 26 juin 1833 à l’âge de 70 ans.

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