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L’hiver 1708-1709 fut un des plus rigoureux qu’a connu la France et les prêtres ont parfois témoigné du froid et de ses conséquences. Comme celui le Chanteloup, le curé de Fenioux rend compte dans ses registres de ces « choses surprenantes extraordinaires et mêmes impossibles. »
L’hiver 1709 est aussi appelé « Grand Hiver » puisque le froid intense s’installa sur le pays pour six semaines, « les grands froids qui ont commencé le jour des rois de cette présente année 1709 [….] ont duré autour de 6 semaines », nous dit le curé Boutheron.

Fenioux, hiver 1707

AD79 Fenioux BMS 1709 vue 156


Son mémoire évoque la flambée des prix des céréales et du vin entre 1708 et 1710. Très précis dans ses chiffres, il fait aussi référence aux « séditions populaires faites pour s’opposer à l’enlèvement et transport des grains. » La population s’est donc dressée contre le départ des récoltes quasi inexistantes après l’hiver « et qui ont été la cause d’une famine presque générale, et qui ont produit des pertes dont on se ressentira plus d’un siècle. »

Fenioux, hiver 1707

AD79 Fenioux BMS 1709 vue 157

Il fait aussi mention des châtaigniers et noyers, « qu’on peut dire avoir été entièrement détruits et principalement les plus grands et les plus vieux. »

Chasseurs dans la neige, Brugel (detail)

« Chasseurs dans la neige » de Brugel (detail)

Enfin, pour le curé Boutheron, le froid est cause des nombreux décès sur cette période, « on attribue encore actuellement de l’avis des médecins et chirurgiens à cette gelée la cause de la mortalité et du grand nombre des maladies contagieuses qui règnent présentement presque dans tout l’univers. » C’est sans aucun doute vrai pour 1709 mais en 1710 une alimentation médiocre en est autant responsable.
Pour ces deux années, on évalue à 2 141 000 le nombre des décès en France contre 1 330 800 naissances. La population a donc baissée de 810 000 personnes, soit  3,5 % de la population de l’époque.

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