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Il n’est pas rare de voir des frères épouser des sœurs ou, plus largement, des familles qui tissent entre elles de nombreux liens grâce aux mariages.
La vie de Marie « Catherine » Favreau en est un exemple. Fille de meunier, elle nait à Saint-Maxire en 1744 et épouse en février 1764 François Soyer, maréchal, à Sciecq.
Elle va s’installer avec son mari dans cette paroisse et, dès décembre, le couple accueille une fille, mon aïeule Élisabeth Soyer. Mais un mois plus tard, en janvier 1765, François Soyer meurt, il a 22 ans. Veuve à 21 ans avec un enfant en bas âge, elle se remarie le 16 octobre 1765 avec Joseph Richard lui aussi maréchal. Joseph réside à Ardin avant son mariage, mais vient s’installer à Sciecq, on peut donc penser qu’il reprend l’activité de François Soyer. Entre 1766 et 1775 cinq garçons naissent de cette union jusqu’au décès de Joseph  le 19 janvier 1776, à 37 ans.
Catherine est à nouveau veuve, elle a déjà mis au monde au moins six enfants et le plus jeune a quatre ans. Deux ans plus tard, en mars 1778, elle épouse en troisième noce Baptiste Richard, un frère de Joseph. Ensemble ils ont deux enfants qui meurent en bas âge. On peut imaginer que Baptiste, lui aussi maréchal, est venu s’installer à Sciecq après la mort de son frère pour le remplacer au travail ou qu’il travaillait déjà avec lui avant sa mort. L’acte de leur mariage tend à le prouver puisqu’on y apprend que Baptiste vit à ce moment là à Sciecq et non à Ardin sa paroisse natale.

sciecq, mariage,

AD79 Sciecq BMS , vue 125

Mais l’histoire ne s’arrête pas là, puisque neuf ans plus tard le 20 novembre 1787 la fille ainée de Catherine Favreau, Élisabeth Soyer, épouse à son tour Pierre Richard…. un frère de ses deux beaux-pères, son aîné de 12 ans.

Chapiteau église de Sciecq, Mélusine femme poisson

Chapiteau de l’église de Sciecq : Mélusine femme poisson

Ces mariages dans une même famille étaient assez fréquents, on restait « entre-soi » ce qui offrait de nombreux avantages : les rencontres étaient simples, le patrimoine n’était pas partagé et on légalisait des unions plutôt que de laisser des personnes vivre sous le même toit sans être mariées.
Car comme Montaigne l’a écrit dans les Essais : « On ne se marie pas pour soi, quoi qu’on dise ; on se marie autant ou plus pour sa postérité, pour sa famille. »

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