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areuh

dessin extrait de « Les psy » de Bézu et Cauvin (éd. Dupuis)

Bien sûr, je sais bien que ça ne fait pas très sérieux comme titre, mais voilà, il va falloir s’y habituer. En effet, pour participer à ce challenge AZ de généalogie j’ai choisi d’avoir chaque jour pour titre une onomatopée ou une interjection. Je suis comme ça, la contrainte de l’alphabet ne me suffisait pas, je m’en suis donc rajouté une seconde : relier chaque article à un bruit, un son extrait d’un monde qui m’est également cher, celui de la bande dessinée. Je commence donc avec « AREUH ! », le premier cri du nourrisson à la naissance et un peu aussi mon premier cri de blogueur participant à ce challenge.

« AREUH ! », c’est donc la naissance qui est un des grands domaines de recherche pour les généalogistes avec la quête de l’acte de baptême ou de l’acte de naissance. La naissance autrefois n’était pas toujours un heureux évènement. On le voit avec les accouchements difficiles où l’enfant est baptisé au plus vite car en danger de mort, ou bien avec les femmes qui mouraient « en gésine », on le voit également avec les nouveaux-nés des filles-mères, pas toujours bien acceptés dans leur famille ou leur village.

C’est ce dernier cas que je veux mettre ici en exergue, avec la petite Joséphine-Rosalie. À sa naissance, le 11 juin 1837 à Terves (Deux-Sèvres), elle ne porte pas le nom de son père, car c’est une enfant naturelle et est, dans l’état actuel de mes recherches, mon seul SOSA dans cette situation. Sur le registre, il est écrit que le père est inconnu et que la mère est une « fille » nommée Victoire Nueil. Victoire est la fille d’un bordier, François Nueil, qu’elle n’a presque pas connu car il est mort quand elle avait deux ans. Sa mère, Marie-Jeanne Baudu, s’est remariée avec un maçon, Jean-Joseph Fradin. Victoire habite donc chez son beau-père et sa mère quand, à 22 ans, elle donne naissance à la petite Joséphine-Rosalie. On peut supposer que, même si la situation n’était pas exceptionnelle à l’époque, la naissance ne fut pas accueillie avec la plus grande joie dans une famille d’une région rurale et catholique du XIXe siècle. Ainsi, pour la déclaration de la naissance à la mairie, ce ne sont pas les plus proches parents mais des voisins et un frère du père décédé il y a 20 ans qui s’en chargent.

Le temps s’écoule, peut-être lentement, pour la petite Joséphine-Rosalie et sa maman. Sept ans plus tard, le 17 novembre 1844 à Terves, Victoire Nueil épouse un tisserand, Baptiste Monneau. Mariage d’amour ? Mariage arrangé ? Régularisation de liaison ? Toute la famille de la mariée (mère, beau-père, oncle…)  est là, consentante au mariage. Sur l’acte, il est précisé « …et aussitôt les dits époux ont déclaré qu’il est né d’eux un enfant inscrit sur les registres de l’état civil de la commune de Terves en date du douze juin mil huit cent trente sept et sous le nom de Joséphine Rosalie laquelle ils reconnaissent pour leur fille… »

mariage_Baptiste_Monneau_Victoire_Nueil_XIX

AD79, mariages Terves 1836-1855, vue 91

Sans doute s’agit-il plus d’une adoption que d’une reconnaissance de paternité. Quoi qu’il en soit, la petite fille qui poussait son premier « AREUH » il y a 7 ans déjà a désormais un père devant la loi et peut porter son nom, elle s’appelle maintenant Joséphine-Rosalie Monneau.

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