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boum

dessin extrait des « Schtroumpfs » de Peyo (ed.Dupuis)

« BOUM », c’est le bruit de la chute. C’est souvent l’occasion de gags dans les bandes dessinées comme ici avec les Schtroumpfs et Gargamel. Par contre, quand une chute est relatée dans un registre religieux ou d’état civil, c’est toujours moins drôle car l’issue a été fatale au malheureux qui est tombé. C’est le cas de 2 de mes ancêtres décédés à Terves (Deux-Sèvres), il y a bien longtemps dans la première moitié du XVIIe siècle, à une époque où un curé pointilleux prenait le temps de noter les causes des décès de ses paroissiens.

Le premier, Charles Marilleau, décède le 5 mars 1645. Marié avant 1623 avec Louise Talbot et père de 6 enfants, le prêtre note sur son acte de sépulture : « …le dit Marillaud est mort par la chute de la cime d’un noyer… » (AD79 BMS Terves 1641/1679, vue 7). La tournure de la phrase est ambigüe mais il me semble plus crédible qu’il soit tombé d’un noyer, suite peut-être à des travaux d’élagage, plutôt que ce soit la cime du noyer qui lui soit tombé dessus.

Le second, René Planchet, meurt quelques mois plus tard, le 2 septembre 1645, toujours dans la même paroisse, toujours suite à un travail. Le même curé écrit : « …lequel a été écrasé par un côté du grand portail de la cour de la Coussaye qui tomba sur lui en le voulant monter pour servir ayant été fait tout neuf… » (AD79 BMS Terves 1641/1679, vue 9). René Planchet, bordier marié à Nicole Frouin depuis 1625 et père de 3 enfants, n’est donc pas décédé de sa propre chute mais écrasé suite à la chute d’un lourd portail. Le château de La Coussaye où il travaille ce jour là date du début du XVIIe siècle. Sans doute René Planchet effectuait-il une corvée liée à la construction du château. Le bâtiment existe toujours mais il a été fortement remanié au XIXe siècle et l’emplacement du portail a sans doute disparu aujourd’hui.

Coussaye_Terves_carte_postale_ancienne

Château de la Coussaye à Terves, carte postale ancienne

plouf

dessin extrait de « Tintin chez les Soviets » d’Hergé (éd. Casterman)

La chute dans l’eau (PLOUF au lieu de BOUM) peut aussi être fatale comme c’est le cas pour un autre de mes ancêtres, Antoine Robin. Il est meunier à Chanteloup (Deux-Sèvres) et père de 8 enfants qu’il a eu avec son épouse Jacquette Baudouin. Il a 50 ans quand il décède en se noyant auprès de son moulin le 25 octobre 1666 : « …Antoine Robin voulant aller lever les portes de l’écluse de l’étang de Lavaud pour laisser passer grande crue tomba dedans et se noya environ une heure avant jour et fut enterré sur ce soir du même jour… » (AD79 Chanteloup BMS 1613-1668, vue 284)

Des décès accidentels, il y en a eu malheureusement sûrement d’autres parmi mes ancêtres mais il est très rare que la cause soit mentionnée dans les actes. Je dois donc me contenter de ceux-là pour le moment. En attendant, je ne peux donc que vous inciter à la plus grande prudence dans vos activités à l’extérieur !

PS : Merci au bénévole du cercle généalogique des Deux-Sèvres qui su dépouiller le registre religieux où se trouvaient les deux actes de sépultures à Terves. L’écriture du prêtre et l’état des documents nécessitaient beaucoup de compétences.

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