#challengeaz : UGH !

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dessin extrait de « Le 20ème de cavalerie » de Morris et Goscinny (éd. Dupuis)

Non ! Je n’ai pas trouvé d’Indiens dans mes ancêtres. Ni même d’étrangers, au sens actuel du terme mais je ne sais pas tout. Pourtant, il y en a eu du passage dans le Poitou : des Romains, des Wisigoths, des Francs, des Arabes, des Vikings, des Anglais, des Allemands… mais des Indiens, je ne pense pas ! En élargissant la notion d’étranger, j’ai quand même réussi à trouver 2 non-poitevins qui se sont installés dans le bocage bressuirais à la fin du XVIIIe siècle et sont, grâce à cela, mes ancêtres. Certes, ils ne venaient pas de très loin mais, à l’époque, c’était sans doute pour eux une aventure. Le premier, Marin Gasse, est arrivé de la Sarthe, le second, François Ratron, de la Creuse.

Marin Gasse est né le 19 mai 1769 à Saint-Ouen-en-Belin dans l’actuelle Sarthe. Son père, prénommé Marin lui aussi, est laboureur. Il s’est marié en 1757 avec Anne Bidault et ils ont eu six filles de 1760 à 1766 avant d’avoir enfin un fils, Marin. Qu’est-ce qui a pu le pousser à quitter son terroir natal alors que, seul garçon, il aurait sans doute repris le travail de son père ? Une fâcherie ? L’amour peut-être ? La guerre sûrement. Au moment de la Révolution française, il prend le parti des Vendéens, il est soldat dans l’armée de l’Ouest. Il est blessé à la cuisse dès le début du soulèvement lors de combats à Ancenis (Loire-Atlantique) le 10 mars 1793. Que se passe-t-il ensuite ? Durant son engagement, il a eu sûrement l’occasion de sympathiser avec des Vendéens, des Poitevins en l’occurrence, puisqu’il ne retourne pas dans sa famille. Il épouse religieusement le 30 juin 1801 à Beaulieu-sous-Bressuire (dans les Deux-Sèvres) Marie Anne Thérèse Métais, la fille d’un tisserand avec qui il a trois enfants. Il reste définitivement dans sa nouvelle région, reprend le métier de son beau-père. Il décède le 15 novembre 1842 dans la commune de Beaulieu-sous-Bressuire qu’il n’a pas quittée après son mariage.

Quant à François Ratron, il est né à Saint-Maurice-près-Crocq dans la Creuse le 10 juin 1773. Il est le dernier-né d’une fratrie de six enfants. Ses parents, Michel Ratron et Madeleine Miomandre, sont tous les deux décédés avant ses 8 ans. Qui l’a recueilli alors, lui et sa fratrie ? Y avait-il encore une place pour lui devenu adulte ? Ce sont peut-être des raisons économiques ou professionnelles qui lui ont fait quitter son Limousin natal. À partir de 1796, il est à Chiché dans les Deux-Sèvres. Il n’est pas venu seul, un neveu et un cousin germain du même âge l’accompagnent. Ils y exercent alors le métier de scieur de long. François Ratron se marie, religieusement et civilement en 1801 avec Marie Renée Thérèse Boulord. Ensemble, ils ont trois enfants. Le couple réside ensuite à Saint-Sauveur-de-Givre-en-Mai en 1803 où François exerce aussi le métier de cabaretier. Il y décède le 30 septembre 1835.

itinéraires
C’est moi qui ai fait ce document 🙂

Mes deux « étrangers » ont beaucoup de points communs :  ils sont de la même génération nés à 4 ans d’écart et ils sont aussi les benjamins de leur fratrie, ils sont arrivés jeunes adultes dans le département des Deux-Sèvres, ils sont tous les deux un peu cultivés malgré leur milieu d’origine modeste car ils savent écrire et signer, ils se sont mariés la même année (leurs femmes ont presque le même prénom), ils ont eu le même nombre d’enfants et ils se sont bien accoutumés à leur nouveau territoire puisqu’ils y sont restés. La comparaison s’arrête sans doute là. Le premier devait vivre à peine de son métier de tisserand et souffrait peut-être des séquelles de ses blessures de la guerre de Vendée, car il sollicite pour toutes ces raisons une pension en tant qu’ancien combattant du Roi en 1824. Le second semble être devenu un notable du petit village dont ses 2 fils  seront plus tard maires.

Voilà, je n’ai donc pas d’Indiens dans mes ancêtres, mais presque ! Quand ils ont quitté les terres de leurs ancêtres pour rejoindre les Deux-Sèvres, Marin Gasse et François Ratron ont parcouru au moins 200 km pour l’un et 260 km pour l’autre ! UGH !

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3 commentaires sur “#challengeaz : UGH !

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    1. Non, ça veut dire que je n’ai pas trouvé l’acte de mariage à l’état civil et que je ne le trouverai sans doute pas. Il manque pas mal de registres d’état civil dans le nord des Deux-Sèvres sur la période révolutionnaire suite aux guerres de Vendée. Du coup, il est parfois plus facile sur cette période de trouver les actes religieux. C’est très rare de trouver les 2, comme pour François Ratron.

      Aimé par 2 personnes

      1. Je ne connais pas du tous les archives des Deux-Sèvres, je comprends mieux. Problème similaire dans certaines villes et villages des Vosges, mais cette fois-ci c’est la Deuxième guerre mondiale qui est passée par là.

        Aimé par 1 personne

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