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Louis Dieumegard a fait la guerre 14-18, il appartenait au 25e régiment de dragons basé à Angers. Comme beaucoup, il a envoyé des lettres à ses parents tout au long de la guerre. Par chance, cette correspondance a été conservée et retrouvée quelques années plus tard dans le grenier familial.Ecrits d'Ouest n°22
Aujourd’hui, les lettres sont dispersées mais elles ont pu être étudiées avant cela. Une analyse très intéressante en a été faite par Christophe Bertaud, qui a récemment publié un article dans Écrits d’ouest : Cahiers d’Histoire régionale, d’art et de littérature N°22, 2014, pp17-96.
Louis Dieumegard vivait à Saint-Laurs comme mon grand père Armand Morisset et dans ses lettres il évoque plusieurs fois Armand, son ami, son voisin et son cousin.
C’est grâce à une de mes belles-sœurs, petite-fille de Louis Dieumegard, que j’ai pu avoir accès aux lettres où il évoque Armand.
J’ai déjà parlé d’Armand et de sa guerre 14-18 dans mon premier article sur ce blog.
Né en 1892, il part faire son service militaire en octobre 1913. Lorsque que la guerre éclate, il rejoint le 49e RA (9e batterie, matricule 570) et quitte Poitiers pour le front le 6 août 1914. En fait, la 9e batterie va être rattachée au 249e RA et c’est en suivant les journaux de marche et opérations que je peux retracer son parcours.
Dés le mois de septembre, il participe à la bataille de la Marne. En janvier 1915, Louis mentionne un courrier d’Armand :

lettre_janvier1915Dans cette lettre, on apprend qu’Armand est en bonne santé et, qu’à la différence de Louis un peu jaloux, il a pu croiser plusieurs de ses amis ou voisins : il cite Albert Vincent, Samuel le gendre à Richet (en fait Samuel Rouault), Victor Largeau et Auguste Douin. Ces 4 hommes auront la chance de revenir de la guerre. J’imagine que pour mon grand-père, retrouver des connaissances loin de chez lui et au milieu d’une guerre terrible devait lui apporter un peu de baume au cœur.
2 mois plus tard, Armand est blessé près d’Ypres en Belgique et est hospitalisé à Deauville. Il écrit à Louis qui mentionne « Armand m’a écrit qu’il allait mieux et qu’il espérait une prompte guérison ». En avril, mon grand-père envoie plusieurs lettres à son ami, il reste hospitalisé à Deauville jusqu’au 9 juin. Il a ensuite droit à une permission et en mai Louis en rend compte dans un courrier : « Vous me dites qu’Armand Morisset est en permission. Je ne compte pas y aller tout de suite… »
22.5.1915.Guerre14-18 Louis Gachignard 013 Armand retourne ensuite au front et le 1er août 1915 il passe au 37e RA. En avril 1917, on le retrouve au 239e RA et il y reste jusqu’à la fin de la guerre. Armand est téléphoniste, il reçoit une citation le 25 mai 1916 : « Très bon servant intelligent et actif. Étant employé comme téléphoniste à la position de batterie le 18 mai 1916, est sorti spontanément de son abri pour aller réparer les lignes à cinq reprises différentes sous un bombardement très violent ».
A partir de la fin 1915, je n’ai plus de lettres de Louis qui mentionnent mon grand-père, ce qui ne veux pas dire qu’il ne s’y est pas intéressé.

Même si les lettres de Louis ne m’en apprennent pas beaucoup plus sur la guerre d’Armand, elles touchent du doigt le quotidien de ces deux hommes. Moi qui n’ai retrouvé que quelques photos de sa guerre, j’aurais aimé retrouver les lettres de mon grand-père. Cependant, au travers de ces phrases simples et banales, j’ai pu ressentir un peu de ce qu’a été leur vie pendant ces 4 longues années, mais aussi voir l’amitié de ces 2 hommes tout au long de la guerre, une amitié qui s’est poursuivi tout au long de leur vie.

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Au centre, Armand Morisset -Archives familiales-

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Louis Dieumegard – Archives famille Simmoneau

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