Littérature et généalogie
La cité des jarres : la part de l’hérédité.

cite_des_jarresÉcrit en 2000 et publié en 2005 aux éditions Métailié, La cité des jarres est le premier roman paru en France d’Arnaldur Indridason. Il marque l’apparition de l’inspecteur islandais Erlendur, héros récurrent de l’auteur. Toutes ses enquêtes ont pour toile de fond l‘Islande et toutes ont un lien fort avec le passé.

La cité de jarres répond a cette double règle, l’inspecteur Erlendur est confronté au meurtre d’un vieil homme. Ici, je suis obligée de vous révéler un peu l’intrigue pour justifier la place de ce livre dans ce challenge. Au fil du récit, notre policier enquête sur le passé de la victime et découvre ce qu’est la Cité des Jarres, et l’existence d’un fichier génétique de la population islandaise.


« Les maladies ont la caractéristique de se propager au hasard dans l’arbre généalogique et elles ressortent là où on s’y attend le moins […]
Et vous êtes les dépositaires de tous ces secrets-là, dit-il. Les vieux secrets de famille. Les tragédies, les deuils et les morts, tout cela parfaitement classé dans les ordinateurs. Mon histoire est la vôtre. Vous conservez tous ces secrets et pouvez les ressortir à volonté. Une cité des jarres qui englobe toute la population. »


Nous sommes dans un roman mais le fichier génétique est une réalité en Islande. Depuis 1998, le Parlement islandais a autorisé une société privée à prélever l’ADN des habitants de l’île pour constituer la première base de données à l’échelle d’un pays.
Une des raisons de ce choix est l’exceptionnelle homogénéité de la population islandaise. L’Islande  fut colonisée au IXe siècle par des Vikings venus de Norvège qui ont sans doute organisé quelques incursions en Grande-Bretagne pour enlever des femmes et peupler leur île. Depuis, le pays n’a pratiquement pas connu de mouvements migratoires. Cette stabilité du peuplement a poussé le Parlement à lancer le fichage génétique et médical de sa population. L’objectif annoncé est de faire des recherches et d’établir l’arbre généalogique des habitants : 280 000 Islandais ont accepté de participer alors que 20 000 ont refusé, craignant les dérives.

Les analyses ADN tentent régulièrement les généalogistes, plusieurs sociétés en proposent. Beaucoup de blogs ont abordé ce sujet. Sophie en a parlé sur GeneaTech, c’est aussi le cas de Brigitte dans Chroniques d’antan et d’ailleurs pour ne citer qu’elles.
La génétique est peut-être le Graal de tout généalogiste puisque qu’elle pourrait nous permettre de remonter bien plus loin qu’aucun acte ne ne le fera jamais. Cependant, je crois que même ceux qui sont tentés par ces analyses continueront d’étudier les documents anciens.
Pourtant, il n’est pas inutile de s’interroger sur ce que la science peut apporter à la généalogie. C’est pour cela que j’ai apprécié La cité des jarres qui s’intéresse aux fichiers génétiques et parce que c’est aussi un très bon roman policier.

Vous pouvez retrouver cette histoire sur grand écran puisqu’elle a été adaptée par le réalisateur islandais Baltasar Kormákur en 2008.

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