Littérature et généalogie
Putain de guerre ! : raconter la guerre 14-18.

putain-de-guerre-1putain_de_guerre_2 Actuellement, les généalogistes amateurs prennent toute leur part à la commémoration de la guerre 14-18, avec par exemple l’opération Un Jour Un Poilu. Il est donc impossible pour moi de ne pas évoquer l’auteur de bandes dessinées Jacques Tardi. D’abord, parce que c’est un peu grâce à lui que je suis fan de BD (les premières que j’ai achetées sont Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec et c’est le portrait d’un de ses personnages qui me sert d’avatar), mais surtout, parce que l’évocation de la Grande Guerre traverse l’œuvre toute entière de Jacques Tardi.

Cette obsession des atrocités de la guerre de 14-18 a une origine familiale. Elle s’est bâtie sur les souvenirs de guerre de son grand-père entendus quand il était enfant. Quand il évoque la Grande guerre dans son œuvre, il parle aussi de sa famille :


« Ça se passait à Verdun. C’est ma grand-mère qui me racontait cette histoire, celle de mon grand-père. J’avais cinq ans, mon pépé s’était tapé toute la guerre, il en était sorti un peu gazé… Avait-il oublié ? Il n’en parlait jamais… mais moi la nuit j’entrais dans son horreur. Le mort tout pourri et grand-père les deux mains dedans son ventre. »


Ses cauchemars d’enfant sont devenus des livres : Varlot soldat et Le der des ders (avec Didier Daeninckx au texte), La fleur au fusil, La véritable histoire du soldat inconnu, C’était la guerre des tranchées, Le trou d’obus… Les titres qu’il a consacrés à ce conflit ne manquent pas. J’ai choisi parmi tous ceux-ci le double album Putain de guerre !

Ces 2 livres sont divisés en 6 chapitres correspondant chacun à une année, de 1914 à 1919. Les planches des albums ont presque toutes le même schéma : 3 grandes vignettes par page, pas de bulles, mais un texte en voix off. putaindeguerre

Cette voix est celle d’un poilu anonyme qui raconte à la 1ère personne la guerre. Elle dit sa souffrance, sa lassitude et sa colère. Pourtant, même si la guerre est vue par un seul soldat, tout le contexte historique est restitué : les 1ères batailles du nord de la France, le front, les tranchées, Verdun, les fusillés, l’arrière, les troupes coloniales, les Alliés, la victoire, les gueules cassées… Tardi délivre dans cette BD une vision très noire, antimilitariste, mais hélas réaliste de la guerre. Son dessin en restitue toute l’horreur et toute la violence. Le héros anonyme n’en ressortira pas intact, comme tous ceux qui ont connu ce conflit.

Les 2 tomes sont complétés par des textes de Jean-Pierre Verney qui donnent un cadre historique complet des batailles où nos aïeux ont tant souffert. Cet historien, spécialiste de la guerre 14-18, travaille depuis longtemps avec Tardi. Grâce à lui, les BD, irréprochables du point de vue graphique et narratif, sont de plus très fiables sous leur aspect historique et documentaire. Les écrits de Verney sont illustrés de documents d’époque que je n’ai vus dans aucun autre livre sur cette guerre.

Par ailleurs, Tardi continue son travail de mémoire familiale en s’intéressant à une période plus récente. Dans les 2 tomes de Moi René Tardi prisonnier de guerre au Stalag II B, il relate comment son père a subi lui aussi une guerre, celle de 39-45.

 

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