U comme Ungerer

Littérature et généalogie
À la guerre comme à la guerre
: utiliser les documents d’époque pour comprendre et raconter.

a_la_guerre_comme_a_la_guerreLe grand illustrateur Tomi Ungerer est originaire d’Alsace. Dans À la guerre comme à la guerre, il raconte ses souvenirs d’enfance dans une famille bourgeoise et désargentée durant la Seconde Guerre mondiale. Voici comment commence ce livre :


« Ma mère ne jetait rien. Moi non plus.
C’est ainsi que j’ai retrouvé intacts mes dessins d’enfant, mes journaux, lettres, cahiers d’écolier, bulletins… »


En 1870 l’Alsace est annexée par l’Allemagne, en 1918, elle redevient française mais en 1940, elle est de nouveau allemande. Tomi a huit ans quand la Seconde Guerre mondiale éclate. Du jour au lendemain, il doit changer de nom, parler allemand, écrire en gothique… Il obéit, il s’adapte : Français sous son toit, Allemand à l’école, Alsacien avec les copains.
À la maison, sa mère l’encourage à dessiner et à écrire. Toute sa vie, elle a conservé les cahiers, les croquis, les devoirs, le journal intime de son fils, les affiches de l’époque. Ce sont ces archives qui ponctuent son livre. À la lecture, on découvre de nombreux dessins d’enfant, des pages d’écolier, des photos de famille. Le livre est riche aussi de documents d’époque : affiches, images, objets… L’ensemble dégage une formidable envie de vivre et d’être libre !

La plupart d’entre nous aimeraient avoir dans leur famille ou leurs ancêtres des personnes comme la mère de Tomi Ungerer. Cela nous permettrait d’enrichir nos recherches avec des traces écrites de la vie de nos aïeux.
Ces archives illustrent mais surtout permettent de mieux comprendre le passé. Ainsi, quand on découvre sur une photo la beauté de la mère de Tomi, on comprend mieux comment elle a pu se sortir de certaines situations délicates comme celle-ci racontée par son fils :


mère_tomi_ungerer« Le français était interdit par la loi, mais nous continuions en famille à le parler. J’en veux pour preuve le journal que j’ai tenu un certain temps, rédigé dans un français aussi perfectionné que du petit nègre. Aussi ma mère avait-elle été dénoncée, et convoquée par les autorités nazies. Par la suite, j’ai raconté que c’était la Gestapo, mais je n’en suis pas sûr. Toujours est-il que, pour cette convocation, ma mère s’était faite très belle, et sachant que les fascistes mettaient la Deutsche Mutter, la mère allemande, sur un piédestal, elle m’emmena. Astuce de renarde, sachant qu’une mère c’est une chose, mais accompagnée d’un fiston, c’est une mère avec preuve à l’appui. J’étais plutôt effrayé mais Maman me rassurait en disant plus ou moins, et là j’improvise : – Ne t’en fais pas, ce sont tous des imbéciles… »


Alors, comme Tomi et sa mère, soyons attentifs à tous ces objets
et papiers qui rappellent la vie de nos ancêtres, essayons de les sauvegarder et de les transmettre car ils entretiennent la mémoire et le souvenir.

À la guerre comme à la guerre est publié à l’École des loisirs dans la collection Médium, il peut être facilement conseillé à des enfants et à des adolescents, mais touchera tout autant les adultes.
Et pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce livre, voici une vidéo de l’émission 1 livre 1 jour qu’Olivier Barrot lui consacrait en décembre 1991.

 

 

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2 commentaires sur “U comme Ungerer

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  1. J’ai la chance d’avoir, dans certaines branches de ma famille, des documents intacts et non jetés comme des cahiers d’école du début du XXe siècle, bien sûr des photos, des livres anciens (un du début du XVIIIe) mais c’est vrai que la plupart du temps, tout se perd ou est jeté. Soit volontairement, soit négligemment, soit innocemment aussi, parfois. C’est le jeu de la généalogie, qui s’avère souvent très frustrant et très décevant !

    Aimé par 1 personne

    1. Oui c’est une chance ! Pour ma part je n’ai pratiquement rien du côté maternel, hormis quelques photos. Et malgré mes demandes, je n’arrive pas à avoir accès à d’autres documents (livret de famille de mes grands-parents maternels par exemple). C’est très frustrant !

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