Littérature et généalogie
Les Rougon-Macquart
: généalogie et hérédité.

fortune_des_rougonSi Z est la dernière lettre de l’alphabet, c’est aussi l’une des premières que nous avons trouvées quand j’ai décidé avec Raymond de faire un challenge littérature et généalogie !
Au travers des 20 romans qui composent le cycle des Rougon-Macquart, Zola cherche à montrer les ravages causés dans sa descendance par la névrose d’Adélaïde Fouque, mariée d’abord à Rougon, puis amante de Macquart, un ivrogne. 


Les Fouque étaient les plus riches maraîchers du pays ; ils fournissaient de légumes tout un quartier de Plassant. Le nom de cette famille s’éteignit quelques années avant le révolution. Une seule fille resta, Adélaïde, née en 1768, et qui se trouva orpheline à l’âge de dix-huit ans. Cette enfant, dont le père mourut fou, était une grande créature, mince, pâle, aux regards effarés, d’une singularité d’allures qu’on put prendre pour de la sauvagerie tant qu’elle resta petite fille. Mais, en grandissant, elle devint plus bizarre encore ; elle commit certaines actions que les plus fortes têtes du faubourg ne purent raisonnablement expliquer et, dès lors, le bruit courut qu’elle avait le cerveau fêlé comme son père. Elle se trouvait seule dans la vie, depuis six mois à peine, maîtresse d’un bien qui faisait d’elle une héritière recherchée, quand on apprit son mariage avec un garçon jardinier, un nommé Rougon, paysan mal dégrossi, venu des Basses-Alpes.


Le premier volume, La fortune des Rougon, est publié en 1871.
Zola ne se lance pas au hasard dans l’écriture de son cycle romanesque. Dès 1868, le plan d’ensemble est prêt. Il dresse l’arbre généalogique de ses personnages sur 5 générations : chaque membre de la famille se retrouve dans une « feuille » composée de 3 parties : un bref résumé chronologique de sa vie, ses tendances héréditaires et son métier.

arbre_rougon_macquart

Image Gallica

Issues d’une ancêtre commun, Adélaïde, les deux branches se séparent vite. Aux Rougon, branche bourgeoise, s’opposent les Macquart, branche ouvrière. Entre les deux, la branche des Mouret.

Au nom de la modernité, Zola rejette le romantisme car il poursuit le but d’une littérature scientifique. Il donne ses lettres de noblesse au naturalisme qui, dans cette œuvre, montre l’influence de l’hérédité sur des destins individuels. docteur_pascalZola s’est aussi inspiré des travaux du docteur Claude Bernard. Il en expose longuement les théories, aujourd’hui dépassées, dans le dernier titre de la série, le Docteur Pascal, publié en 1893.

C’est grâce aux 20 volumes qui composent les Rougon-Macquart que nous connaissons le mieux Zola. Sa gloire littéraire est liée à cette saga familiale. Tout le monde a lu au moins les titres les plus emblématiques. Avec à une écriture ample et foisonnante, l’œuvre littéraire a su dépasser le postulat scientifique de l’époque. Zola a fait naître une grande famille, ses membres prennent vie sous nos yeux : ils souffrent, aiment et se déchirent au sein du milieu social dans lequel ils évoluent. Aujourd’hui, Nana, Gervaise ou Étienne Lantier ne sont pas connus parce que leur comportement est le fruit de leur ascendance, mais parce que Zola a su en faire les témoins humains et sensibles de leur temps.

PS: si vous aimez Zola, ne manquez pas sur le blog de Marino (De France et d’Aïeux) son challengeAZ 2016 consacré intégralement à cet auteur.

Sources :
Wikipédia : l’article sur les Rougon-Macquart
Zola et le naturalisme
Émile Zola genèse du roman familial

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Publicités