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Knock. Source Gallica

« Est-ce que ça vous chatouille ou est-ce que ça vous grattouille ? » Je ne pensais pas m’intéresser un jour à la médecine en faisant de la généalogie. J’ai toujours eu du mal à retenir le nom des maladies et des médicaments, peut-être parce que je ne veux pas satisfaire à d’éventuelles tendances hypocondriaques. Mais voilà, en pratiquant mon loisir, je me retrouve encore une fois entraîné vers des territoires inattendus comme la discipline d’Hippocrate.

Ainsi, j’ai déjà étudié les causes de décès à Terves entre 1645 et 1667. Le curé de la paroisse notait parfois les circonstances du trépas et j’ai recherché pourquoi on pouvait mourir d’hydropisie, de fièvre pourpre, de fausse pleurésie, de catarrhe ou de picotte.

Je me demande aussi quelle était la réalité professionnelle de mes ancêtres qui se déclaraient médecins ou chirurgiens. Pierre Bisleau (1608-1688), maître chirurgien, a une signature plus lisible que beaucoup de médecins d’aujourd’hui, mais quelles étaient ses vraies compétences à une époque où la médecine était encore balbutiante ? Qui le consultait, comment était-il payé, quels soins procurait-il ? Jacques Nueil (1754-1815) et son fils Jean Nueil (1798-1863) m’intriguent peut-être moins car je me suis déjà intéressé à eux et je vous en ai aussi parlé dans F comme filiation. Le métier qu’ils donnaient était selon les cas, médecin, vétérinaire, sabotier, bordier, traiteur de bestiaux. D’où l’impression qu’il s’agit de paysans un peu cultivés et curieux, ayant d’abord acquis des compétences pour soigner les animaux et par la suite les êtres humains, à une époque et dans des villages où la médecine officielle et diplômée n’intervenait pas encore. Si cela se passait aujourd’hui, on parlerait d’exercice illégal de la médecine.

hopital niort

Source Delcampe

Je m’interroge enfin sur les soins psychiatriques au XIXe siècle avec le cas d’un collatéral, Eugène Blanchin. Né en 1838, il souffre d’une agitation nerveuse, provenant soit disant d’une frayeur ressentie à l’âge de 5 ou 6 ans, qui est mise en avant pour être exempté de service militaire en 1858. Il le sera finalement, mais pour une fracture de jambe ! En 1866 et 1872, il est recensé dans son village natal, mais il est précisé pour 1872 qu’il est placé dans la maison de santé à Niort. À cette époque, médecine et religion faisaient bon ménage et des religieuses s’occupaient sans doute des soins. Il y a encore sur le site actuel de l’hôpital de Niort une chapelle dédiée à Notre-Dame du Sacré-Cœur construite en 1874 ainsi qu’une imitation de la grotte de Lourdes. Cela n’a pas permis de guérir Eugène Blanchin. C’est à l’hospice qu’il décède le 11 mars 1879, âgé de 40 ans.

Toutes ces pistes restent à vérifier, à étudier, à approfondir. Il n’y a pas à dire, la généalogie, ça grattouille et ça chatouille la curiosité, même dans le domaine médical !

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