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Le peintre et son frère de Fuger. Source Gallica

Aimer la généalogie oblige à s’interroger sur les liens familiaux qui nous unissent. Ainsi, on peut être frère (ou sœur) utérin, consanguin ou germain !
La première fois que j’ai rencontré ces termes dans des actes paroissiaux je me suis interrogé. Pas très longtemps, car avec les dictionnaires en ligne, la réponse n’était pas difficile à trouver. Le frère utérin est issu d’un même utérus, celui de la mère et le frère consanguin est issu du même sang celui du père. Résumer une mère à un utérus et attribuer le sang au père semble pour le moins exagéré dans un cas comme dans l’autre mais c’est ainsi, je n’y peux rien. Un frère utérin est donc un demi-frère suite au remariage de la mère, et un  frère consanguin est un demi-frère suite au remariage du père. Dans mon arbre, au début du XVIIIe siècle, j’ai le cas de Jeanne Roy, qui est à la fois la sœur consanguine d’Alexis Roy (mon SOSA 302) et la sœur utérine de Françoise Dugé (mon SOSA 303), épouse d’Alexis Roy. Accrochez-vous ! Henri Roy, le père d’Alexis, après avoir perdu sa femme a épousé en 1710 Marguerite Aurereau, la mère de Françoise, également veuve. Ils ont eu ensemble une petite fille Jeanne Roy. Quelques années plus tard, en 1717, à force de vivre sous le même toit, Alexis Roy, demi-frère consanguin de Jeanne, et Françoise Dugé, demi-sœur utérine de Jeanne ont fini par se marier, sans même avoir à demander de dispense ! Et ils ont eu 9 enfants !
Heureusement pour mon pauvre cerveau, les frères germains ont le même père et la même mère ce qui est quand même bien plus simple. Petite note culturelle parce que j’aime bien ça : le mot germain ne fait pas référence au peuple, il vient de l’adjectif latin germanus (vrai, authentique) lui même venant de germen (le germe, mais aussi la semence).

Étudier la famille est parfois bien compliqué. Les cousins selon le degré de rapprochement sont parfois qualifiés de germains, d’issus de germain, de remués de germain ou « à la mode de Bretagne », mais pas toujours. Quand on trouve dans un mariage une dispense de consanguinité, il faut chercher parfois jusqu’aux arrière-grands-parents des époux pour savoir quel lien les unissent. Bien des mystères demeurent dans nos arbres. Ce ne sont pas seulement des ancêtres qui nous échappent, mais aussi des liens familiaux, des cousinages que nous n’arrivons pas à trouver ou à prouver.

Cette part de mystère fait aussi partie des charmes de la généalogie. Nous savons que nous sommes tous cousins, plus ou moins germains ou remués, peut-être même seulement consanguins ou uniquement utérins, et nous essayons de le prouver chaque jour.

P.S. Appartenir au petit monde des « généa-blogueurs m’a fait découvrir de nouveaux cousin et cousines très remués : Frédéric, Nat, et tout récemment Mélanie ! C’est à chaque fois un plaisir !

 

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