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Avec Raymond, nous envisageons de faire des balades à vélo sur les traces de nos ancêtres. Nous avons la chance d’avoir un périmètre de recherches généalogiques proche de notre lieu de résidence. Aujourd’hui, c’est encore à l’état de projet. Cependant, en septembre, nous avons fait une sortie vélo qui passait par le village de Soutiers où vécurent des ancêtres. Cela m’a donné envie de revenir sur leur histoire.

C’est à Soutiers que se marient Marguerite-Suzanne Boureau et Charles-Antoine Nicolas, seigneur de la Mitoisière et de la Valentinière. Les noces sont célébrées le 20 février 1727 dans l’église Saint-Martin à Soutiers en présence de leurs pères. L’épouse, comme son mari, signe.
N°495-BoureauMarguerite Suzanne Charles-Antoine est issu de la petite noblesse. Il est né à Parthenay et est l’aîné des enfants de Charles Nicolas et de Renée Périgord. Si je connais bien la famille de Charles-Antoine, je sais peu de choses de celle de Marguerite-Suzanne. Les Nicolas sont originaires de Parthenay et de Poitiers. C’est la famille de l’épouse qui vit à Soutiers. Ses parents, Louis Boureau et Jeanne Conneau, sont mes ancêtres à la 10e génération. D’eux, je sais seulement que la mère Jeanne Conneau décède en ces lieux à peine 3 mois après le mariage de sa fille. Elle est enterrée le 24 mai 1727 dans le cimetière de Soutiers en présence de son mari Louis, ainsi que de son beau-fils Louis, né d’un précédant mariage de son époux. Quant à Marguerite-Suzanne, son nom figure sur l’acte mais a été rayé par le prêtre, ce qui me fait douter de sa présence à Soutiers ce jour-là.
Après son mariage, Marguerite-Suzanne suit son époux dans les diverses demeures des Nicolas : à Gourgé, Beaulieu-sous-Parthenay et Saint-Lin. Mais en 1732, moins de 6 ans après le mariage, Charles-Antoine décède. Il a 28 ans et laisse une jeune veuve avec une petite fille de 3 ans, mon ancêtre Marguerite. Marguerite-Suzanne ne le sait peut-être pas encore mais elle est enceinte. Un enfant naît 8 mois plus tard, mais il ne vit que 3 mois. La voilà sans héritier mâle, autant dire qu’elle a peu de droits. Elle se remarie très vite et épouse René Billaud en août 1733. J’ai déjà évoqué Marguerite-Suzanne dans Grandeur et décadence en Poitou.
Cependant, Marguerite-Suzanne a dû garder des liens avec Soutiers tout comme sa fille Marguerite puisque c’est ici que cette dernière décède quelques années plus tard, le 17 mai 1767. Marguerite Nicolas meurt dans ce village à l’âge de 36 ans, peut-être en couches, en laissant son mari René Goudeau seul avec 3 enfants en bas âge. Le couple ne vit pourtant pas dans cette paroisse, mais dans celle de la Chapelle-Bertrand. D’ailleurs l’époux ne semble pas présent lors de l’enterrement. Parmi les témoins on trouve une cousine, Marie Conneau, preuve que des liens ont perduré avec la famille de sa grand-mère maternelle.

Au début du 18e siècle, Soutiers est une petite paroisse au sud de Parthenay qui compte 43 feux en 1716. Aujourd’hui, avec ses 270 habitants la commune n’a guère changé.
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Cette balade à vélo m’a donné l’occasion de traverser la Gâtine vallonnée (mes mollets peuvent en témoigner !) et de découvrir un joli petit village bien caché, loin des axes de circulation.
3 femmes, 3 générations et 3 actes, voilà tout ce dont je disposais pour imaginer la vie de mes ancêtres à Soutiers. Mais, en attendant que je trouve de nouvelles pistes, profiter d’une pause dans ce village et découvrir ses petites maisons basses accolées à l’église Saint-Martin m’ont permis d’imaginer le hameau d’autrefois où vécurent mes 3 aïeules et leur famille.

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