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zola_fortune-rougon_A34142.inddFrançois Blanchin (prononcez Blanchaiiin) est l’ancêtre que le GénérateurSosa a désigné pour le généathème de ce mois proposé par Sophie Boudarel. En m’intéressant à François Blanchin (1799-1861) qui a passé toute sa vie à Terves, je me sens un peu comme Zola (le talent en moins) écrivant sur Adélaïde Fouque à Plassans. Je me retrouve moi aussi avec le représentant d’une famille qui a réussi et qui a acquis du bien, attachée à un terroir, avant que tout ne change. Et je suis obligé d’évoquer comme Zola l’hérédité, la maladie, les « tares » familiales.

Le patronyme de Blanchin, c’est celui d’une longue dynastie de maréchaux installée à Terves depuis la fin du XVIIe siècle. 150 ans et 5 générations plus tard, c’est sur François Blanchin seul que repose l’avenir du nom de cette famille qui a souffert comme beaucoup pendant les guerres de Vendée, mais a réussi à préserver son patrimoine. Né en 1799, il est le seul garçon du couple René Blanchin et Marie Thibaudeau à atteindre l’âge adulte. Quand son père meurt en 1818, il se retrouve à la tête de la forge familiale, mais aussi de plusieurs maisons et dépendances et d’un grand nombre de terres. Ce décès lui permet l’année suivante d’être exempté de service militaire en tant que « fils unique de veuve ». Deux de ses sœurs font des beaux mariages avec d’autres notables du bourg. Marie-Jeanne épouse en 1817 René-Joseph Frouin (dit « Lantourla »), Marie-Anne choisit en 1823 Pierre-François Nicolas, un foulonnier qui sera bientôt maire. En 1829, c’est à son tour : à 30 ans, il épouse Rose Frouin, âgée de 21 ans. Le mariage est bien « assorti » : le père de la mariée, décédé, était à la fois cultivateur, propriétaire et marchand de bestiaux. Il y a donc du « bien » pour ce couple, à l’échelle d’une commune rurale. Fortune héritée : il possède 80 parcelles, soit 30 ha, et 3 maisons et elle apporte 9 parcelles soit 3 ha et une maison dans le bourg. Fortune agrandie : par héritage (17 parcelles pour 4 ha et 3 maisons) ou par acquêts (35 parcelles achetées, soit 10 ha, et 1 maison).

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Une partie des propriétés du couple

Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes pour François et son épouse. De l’argent, des terres, des fermages, du travail, de nombreux enfants qui arrivent l’un après l’autre (7 filles et 2 garçons qui naissent sur 20 ans, entre 1831 et 1851). Mais tout n’est pas si rose. D’abord, il y a les 2 fillettes qui meurent le même jour, le 6 décembre 1834, une âgée de 8 jours et l’autre de 20 mois ! Et puis, il y a l’aînée Geneviève qui est épileptique, et enfin il y a son frère Eugène qui souffre depuis l’enfance « d’agitation nerveuse ». Cela fait beaucoup de soucis tous les jours. Bien sûr, il y a les 4 autres filles les « Blanchines » (prononcez Blanchaiiines), Flavie, Clarisse, Eugénie et Mélanie (mon ancêtre) qui semblent si fières et que les autres villageois jalousent un peu, et il y a surtout Théophile, l’aîné des 2 garçons, né en 1836, celui qui doit succéder à son père !

Les années passent. Mais voilà, le 9 septembre 1861, Théophile meurt à l’âge de 25 ans. Est-ce de chagrin, ses 2 parents décèdent l’un après l’autre dans les 2 mois qui suivent : le père, François Blanchin, mon sosa 54, le 16 octobre 1861, et la mère, Rose Frouin, le 16 novembre 1861. Il avait 62 ans et elle, 53 ans. Cette fin d’année est une période terrible pour la famille Blanchin à Terves, même si les enfants peuvent s’appuyer sur des oncles présents et aisés financièrement : René-Joseph Frouin et Pierre-François Nicolas, les maris de leurs tantes paternelles.

Le décès de mon sosa 54 en 1861, c’est aussi la fin d’une dynastie à Terves. Geneviève, sa fille aînée, 30 ans, qui souffre du « haut mal » reste célibataire. L’état de santé du dernier fils, Eugène, 22 ans, ne s’améliore pas. Vers 1870, il faut l’interner à l’hôpital de Niort où il meurt en 1879. Les 4 autres filles, âgées de 10 à 20 ans à la mort de leurs parents, se marient chacune leur tour dans les années qui suivent. Flavie et Mélanie épousent les frères Nueil, propriétaires et hongreurs, Clarisse se marie avec Xavier Falourd, lui aussi propriétaire et Eugénie s’unit avec Auguste Chollet, un charpentier. Après la mort de François Blanchin et de son épouse, l’héritage laissé par les parents aux enfants et géré par les oncles est en conséquence bien utile. Il sert à entretenir et loger l’aînée, Geneviève, à payer l’hospice pour Eugène. Il sert enfin à fournir de belles dots aux 4 sœurs cadettes, les « Blanchines », les dernières à porter le nom de cette famille dans la commune de Terves.

  • Explications de l’extrait du plan cadastral napoléonien de Terves :
    – Noir : une partie des propriétés de François Blanchin
    – Jaune : une partie des acquêts en commun du couple
    – Rond : terres (prés, champs, jardins…)
    – Carré : maisons
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