C comme : Couard, histoire d’un moulin

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Le moulin qui revient le plus souvent dans ma généalogie, c’est celui de Couard à Terves, près de Bressuire, un moulin à eau dont la roue est actionnée par le petit ruisseau du Dolo. Comme je vais évoquer cet endroit plusieurs fois au cours de ce challenge, je vous résume ici ce que je sais de son histoire.

carte couardSelon le Dictionnaire des toponymes des Deux-Sèvres, le bâtiment est attesté dès 1365. L’écriture de ce lieu varie énormément selon les époques et selon les scribes (La Couarde, Quard…) mais la plus pittoresque reste Couillard.

Entre 1444 et 1623, on trouve trace de divers aveux rendus (par Pierre des Loges (1444), Jacques Auchier (1456), François Herbert (1511), Pierre Tondreau (1623). (source Chartrier de St-Loup).

Entre 1658 et 1666, je sais qu’il est occupé par Françoise BOUTIN, la sœur de mon ancêtre meunier Pierre BOUTIN, et par son mari, meunier lui aussi, Mathurin NOIRAUD.

Je retrouve une autre famille d’ancêtres dans ce moulin 70 ans plus tard. Entre 1730 et 1740, Charles GIRET, le frère d’un ancêtre y travaille avec sa femme Marie MICHAUD.

Le bâtiment reste sans doute dans la famille GIRET car, en 1776, c’est Jacques GIRET, mon ancêtre direct et neveu de Charles GIRET, qui l’exploite avec sa femme Marie-Jeanne BODIN. En 1793, l’armée républicaine détruit de nombreux bâtiments à Terves dont le moulin. La famille décide de fuir avec ses 4 filles la région et les guerres de Vendée pour se réfugier à Poitiers. C’est dans cette ville que Marie-Jeanne, la meunière décède. Quand le veuf Jacques GIRET revient chez lui une fois la paix rétablie, il a le courage et la force de rebâtir avec l’aide de son gendre, Luc BAUDOUIN. Ce dernier, fils d’un tisserand, a épousé Geneviève GIRET en 1801 et appris le métier de son beau-père.

À la mort de Jacques GIRET, c’est Luc BAUDOUIN qui devient propriétaire de Couard. Avec sa femme, ils ont 9 enfants. Plusieurs perpétuent l’activité de leur père dans des moulins alentours,  mais c’est Emmanuel, l’aîné des garçons qui succède à son père au moulin de Couard, Il y décède en 1856.

Il y succède à son père mais il ne le possède plus. Le moulin  a changé de mains entre le décès de Luc BAUDOUIN en1823 et celui de son épouse Geneviève GIRET en 1847. Il reste cependant dans la famille car en 1860, je retrouve le moulin propriété d’un neveu de Luc BAUDOUIN, Pierre François NICOLAS, meunier lui aussi, au moulin voisin de Fougerit et gros propriétaire sur Terves.

En 1898, le moulin appartient à sa petite-fille, Florentine MOSNAY, qui réside à Menomblet en Vendée. Selon l’Inventaire du patrimoine industriel du Poitou-Charentes, il est alors reconstruit par la propriétaire et exploité par la famille ARNAULT, suite à des baux à ferme en 1899 et 1911.

Cette famille rachète à son tour le bâtiment et l’agrandit énormément pour en faire une minoterie vers 1942. L’activité de la minoterie ARNAULT s’arrête en 1952.

Aujourd’hui, il reste sur le site la maison de maître datant du milieu du siècle précédent accolé à l’immense minoterie transformée en logements. Mais l’histoire du moulin de Couard n’est peut-être pas finie !

minoterie couard.JPG
La minoterie de Couard
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11 commentaires sur “C comme : Couard, histoire d’un moulin

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    1. Bonjour Murielle. Pour reconstituer l’histoire de ce moulin j’ai utilisé des ressources diverses et variées. Les plus anciennes sont bibliographiques (« dictionnaire topographique des Deux-Sèvres » et analyse du « Chartrier de St-Loup »). Pour la période des XVII et XIIIe siècles, ce sont les registres paroissiaux et les minutes de notaires qui me renseignent sur les occupants du moulin. Après la Révolution, ce sont les successions qui m’ont été le plus utiles pour trouver les propriétaires.

      Aimé par 2 personnes

  1. je lis la réponse que vous faites à Murielle, et justement, bon je fais mon arbre, et je me sert des archives en ligne, (mes ancêtres sont dans le 76 et le 35) bref, je travaille avec les archives en ligne. car je ne vis pas à coté de ces département.

    mais ma question est que je ne sais pas comment regarder comme vous dans les minutes de notaires, j’arrive même pas a retrouver la maison de mes ancetres sur le cadastres ! quand vous parlez de succession, bah moi j’arrive pas à en trouver, cela me frustre

    je me sens archi nulle, j aimerai tellement étoffer mon arbre par l’histoire de mes ancêtres plus que des dates

    pourriez vous nous faire si je peux me permettre, un billet pour nous expliquer comment on procède, pour réussir à avoir des renseignements si interessants !

    belle belle journée à vous,
    Julie

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Julie. Ne surtout pas se sentir nul(le) quand on fait les recherches sur ses ancêtres et qu’on ne trouve pas. J’ai mis beaucoup de temps à apprendre à étoffer mon arbre et il me reste encore beaucoup à apprendre. J’ai la chance d’habiter à proximité des Archives départementales des Deux-Sèvres et d’avoir la presque totalité de mes aïeux nés dans ce territoire. Les minutes de notaires, les successions et plein d’autres archives (justice, école…) sont conservées dans ce bâtiment. Au début, j’étais un peu perdu et pas très efficace, mais j’ai appris à mieux connaître les fonds et à mieux chercher, aidé par le personnel très disponible et sympathique. Le billet explicatif viendra sans doute (j’y avais déjà pensé) peut-être sur ce moulin, peut-être sur une autre maison de mes ancêtres, il faut juste que je trouve le temps !

      J'aime

  2. merci de votre réponse,
    bah moi niveau archives en ligne du 35, il y a une rubrique notaires, avec des documents, mais je n’arrive pas à chercher, apparemment il faut connaitre le nom du notaire, et là , couic, je me trouve coincée,

    bon je vous laisse je me balade dans mon arbre, j’ai un ancêtre qui me pose problème je le trouve po ! les archives sont en piteux états, et écrit hou la la en latin, dur dur, mais bon je m’accroche !

    bien cordialement
    Julie

    Aimé par 1 personne

  3. Pour reconstituer l’histoire d’un moulin il faut rechercher dans les minutes notariales les baux, les rentables et encore aussi intéressant les inventaires après décès, quand ces minutes n’existent plus, il faut chercher dans les enregistrements d’actes, enfin pour les périodes les plus anciennes ce sont les aveux des seigneuries ou des abbayes qu’il faut consulter.

    Aimé par 2 personnes

    1. bonjour Michel,

      pour retrouver dans les minutes notariales lesbaux, le inventaires après décès, que doit on apporter comme renseignements ?
      le nom du notaire ? le nom de la personne bien sur,
      peut on avoir cela en ligne, ou doit on aller aux archives ?

      belle journée à vous tous
      Julie

      Aimé par 1 personne

      1. Bonjour Julie, il fallait lire « renable » c’est à dire l’inventaire des mécanismes et du matériel du moulin.
        malheureusement non ce n’est pas accessible en ligne.
        pour retrouver ces actes il faut d’abord consulter l’enregistrement des actes, ce sont des registres annuel qui références tous les actes d’un bureau d’enregistrement (qui concerne plusieurs communes) avec la date de l’acte et le nom du notaire (ainsi vous pouvez rechercher l’acte dans les minutes du notaire), et souvent vous y avez un résumé de l’acte avec les informations les plus importantes ainsi même si l’acte notarié n’existe plus vous avez les infos pertinentes, mais ces registres contiennent évidemment des centaines de références, et donc il faut de la patience et vous ferez choux-blanc souvent, l’idéal c’est de consulter 6 années d’affilés vu que la pluspart des baux avaient une durée de 3 ou 6 ans, quand vous en avez trouvé un peut après vous avez le renable.
        si vos recherches porte sur une petite commune et donc avec 2 ou 3 notaires vous pouvez regarder directement dans les archives notariales. quand vous aurez trouvé un acte concernant le moulin sujet de vos recherches vous avez trouvé votre point de départ et vous n’avez plus qu’à dérouler à la pelote d’indices.
        mais c’est chronophage.
        Bonnes recherches
        Michel

        Aimé par 1 personne

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