À l’ombre de Coudray-Salbart

Il est un petit village nommé Ternanteuil, niché près d’un méandre de la Sèvre Niortaise, au pied de la forteresse de Coudray-Salbart. C’est là qu’ont vécu certains de mes ancêtres. Au XVIIe siècle, le château est déjà en ruine ; édifié par les seigneurs de Parthenay au XIIIe siècle, il a perdu de son intérêt avec l’annexion du Poitou à la couronne de France. Un état des lieux, dressé en 1460, montre une forteresse en assez mauvais état, même si elle a encore un capitaine en 1542. D’un côté, Coudray-Salbart domine la Sèvre qui étire paresseusement son cours dans la campagne, de l’autre, il surplombe le hameau. Le village est sans doute déjà important, il comptera pas moins de 6 métairies et 15 borderies au début du XIXe siècle.

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Échiré, La Sèvre Niortaise, Coudray-Salbart et Ternanteuil

 

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Église d’Échiré, détail

Le 19 novembre 1663, en l’église d’Échiré, mes ancêtres Simon Vien et sa fille Anne Vien se marient le même jour. Le père abjure alors que sa fille est déjà convertie. Simon, veuf en premières noces de Suzanne Rimbault, épouse Louise Martin. Jusqu’à maintenant, il appartenait à la forte communauté protestante qui vit le long de la Sèvre. En ce jour de novembre, il abjure sa religion pour se marier et sa fille Anne Vien épouse François Martin, le frère de Louise. François et Louise Martin sont les plus jeunes d’un fratrie dont les parents sont décédés, ils vivent à Ternanteuil avec leurs frères et sœurs.
Il faut dire qu’il fallait hâter l’union de Simon Vien et Louise Martin, leur premier fils voit le jour 2 mois après le mariage, le 29 janvier 1664 ! L’attente de cet enfant a sans doute précipité la conversion du père. En 1663, les 2 familles résident à Ternanteuil où elles se côtoient, mais Louise a peut-être aussi pris soin des enfants du premier mariage de Simon car au moins 4 ont vécu jusqu’à l’âge adulte.
La première épouse de Simon appartenait à la religion réformée et les enfants sont nés huguenots. Parmi ceux-ci, 2 fils, Jean et Jean, se marieront au temple à Niort en 1677 et 1678. Le premier qui demeure tout près d’ici, à St-Maxire, décède peut de temps après, il n’aura même pas le temps de connaître son fils né en octobre 1678. Le second, domicilié à Niort au moment de ses noces, ne semble pas avoir laissé de traces dans les registres. Enfin, je trouve le décès d’un fils, Daniel, dans les registres protestants de Niort en 1681, il est alors âgé de 20 ans. Ce décès est peut-être lié à la première dragonnade qui s’abat cette année-là sur le Poitou.

Mais revenons à nos 2 couples juste mariés. En 1663, les familles Vien et Martin résident à Ternanteuil, leurs enfants y naissent. Simon et Louise accueillent 4 enfants, baptisés à l’église. Quant à François et Anne, 5 bambins remplissent leur maison. La famille Martin est très présente à Ternanteuil. Outre Louise et François, toute la fratrie y demeure. Renée, l’aînée, a épousé Guillaume Gautron, et lui a donné 2 filles. Charles s’est uni avec Gabrielle Grousset en avril 1663, le mère met au monde 3 filles. Enfin, Jacquette se marie en 1664 avec Jacques Clion et 8 poupons voient le jour. Le village est donc largement occupé par la famille ; entre 1659 et 1680, au moins 22 enfants de ces couples sont nés ici, et on ne doit guère faire de différence entre les oncles-tantes et neveux-nièces (Anne Vien a des demi-frères et demi-sœurs plus jeunes que ses propres enfants).
Quelles professions exercent-ils ? De fait, les actes sont très discrets. Pour l’instant, je sais juste que François Martin, l’époux d’Anne Vien, pratique le métier de faiseur de rets au moment de son mariage. Un travail assez rare ici, je n’en croise pas d’autres dans mon arbre. La fabrication des filets peut être une activité annexe. À quoi servaient-ils ? Le village est proche de la Sèvre et le poisson fait partie de l’alimentation, cet artisanat est peut-être aussi destiné à la chasse. Quant au reste de la famille, frères ou beaux-frères, les prêtres d’Échiré n’ont pas jugé bon de mentionner leurs activités.

Aujourd’hui, je pense avoir fait le tour des ressources de l’état civil pour cette famille, je dois me tourner vers d’autres registres pour compléter ma connaissance de leur parcours. Les Archives Départementales disposent des Rôles de la taille pour la paroisse voisine de Saint-Gelais, mais, malheureusement pour moi, ce n’est pas le cas d’Échiré. Peut-être trouverais-je de nouvelles pistes dans les archives notariales…

Sources :
Henri-Paul Eydoux. Le château de Coudray-Salbart
André Benoist. Vie paysanne et protestantisme en « Moyen-Poitou » du XVIe siècle à la Révolution

2 commentaires sur “À l’ombre de Coudray-Salbart

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