Jean Richard, un soldat de la guerre de 1870 devenu centenaire

J’ai déjà évoqué dans « Souvenirs d’un paysan centenaire » Jean Richard, mon arrière-grand-oncle mais, comme en 2020 nous commémorons le 150e anniversaire de la guerre de 1870, c’est l’occasion pour moi de revenir sur son histoire et de développer mon premier article.

Jean Richard est l’oncle de mon grand-père maternel. Il est le seul centenaire que je connaisse dans mon arbre et cette longévité en a fait un personnage important de l’histoire familiale. Pourtant, je sais peu de choses sur le début de sa vie. Il naît le 22 janvier 1849 à Ardin. Louis-Napoléon Bonaparte, le futur Napoléon III, est alors au pouvoir en France. Son père Pierre Richard est cultivateur et sa mère Madeleine Prunier travaille avec lui à la ferme. Il est le 3e d’une fratrie de 9 enfants, dont 6 atteindront l’âge adulte. Il est aussi le premier garçon et, à l’instar de son père, il devient cultivateur.

Fin 1869, comme tous les jeunes gens de l’époque à 20 ans révolus, Jean participe à la conscription et se fait recenser en mairie. Les conscrits de la classe 1869, accompagnés des maires des communes, sont ensuite rassemblés à Coulonges-sur-l’Autize, chef-lieu du canton pour participer au tirage au sort. Le registre qui contient la liste de ce tirage au sort m’apprend qu’il est bon pour le service (Liste cantonale de tirage au sort des conscrits – AD79, vue 296/564), il doit donc partir pour un service militaire de 6 ans.
Mais, le 19 juillet 1870, la guerre éclate. Napoléon III se lance dans ce conflit alors que le pays est mal préparé et isolé. À cette date, Jean était-il sur le départ après le tirage au sort ou essayait-il de se faire remplacer par un conscrit ayant eu plus de chance que lui ? La question mérite d’être posée. Cependant, les remplacements après tirage au sort faisaient l’objet d’un contrat, moyennant finances, et devant notaire. Or, je n’ai rien trouvé de tel le concernant. De plus, il appartient à une famille de petits paysans et n’est pas le seul garçon de la famille. Je ne pense pas qu’il y ait eu remplacement. J’en conclus qu’il était sans doute proche du départ au moment où la guerre franco-prussienne éclate, ce qui explique pourquoi je le retrouve dans le registre des gardes mobiles (AD79 – Registre 627-2 Parthenay 1849, vue 261/372).

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© Gallica

Selon ce registre, Jean est versé dans l’infanterie ( 34e RI, 3e bataillon, 3e compagnie, matricule 1474). Sa fiche matricule m’apprend qu’il mesure 1 m 62 et qu’il sait lire et écrire. Ses yeux sont gris, ses cheveux châtains et il porte une cicatrice à la joue gauche. Jean part donc à la guerre. Je ne connais pas le détail de son parcours et ne sais pas s’il a été blessé. Cependant, s’il est resté avec les mobiles des Deux-Sèvres, tous ont été regroupés dans le même régiment et ont suivi à peu près le même itinéraire.

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Équipement. Registre des gardes mobiles nés en 1849 – AD79 R627_2

Les gardes du canton de Coulonges rejoignent le bataillon de Niort le 16 août. Après environ un mois de préparation militaire très sommaire, le 25 septembre, le 34e RI quitte Niort en train vers la zone des combats. Il va participer à la bataille de La Bourgonce le 6 octobre, puis à celle de Beaune-la-Rolande le 28 novembre. Le 9 janvier, la majorité des hommes du 34e RI sont en réserve de la bataille de Villersexel. Finalement, l’armistice est signé le 28 janvier 1871, le régiment est dissout et les soldats sont désarmés. Début février, après une marche forcée à pied et dans la neige, de nombreux mobiles entrent en Suisse où ils sont pris en charge et bien accueillis. Ceux-là reviendront à Niort en train le 21 mars 1871. Ce parcours est celui de la grande majorité des mobiles du département, mais peut-être pas celui de Jean…

En effet, selon d’autres sources*, Jean a été versé au 67e RI pour une période d’exercices puis affecté à partir du 16 août 1870 au 14e régiment de marche, renommé bientôt 114e RI. C’est un parcours vraiment atypique pour un mobile deux-sévrien, même si ce régiment compte 4 bataillons de mobiles de la Vendée.
C’est donc un tout autre itinéraire qui l’attend. Le 114e RI est placé sous les ordres du lieutenant-colonel Vanche. Il rejoint l’armée de Mac-Mahon sur le front de l’Est et se heurte violemment aux armées prussiennes. Le 1er septembre 1870, il est devant Charleville-Mézières avant de se replier vers Paris après la capitulation de Sedan. Il s’installe alors au sud de Paris, sur une ligne Vanves-Montrouge.
Pendant ce temps, dans la capitale, l’opposition menée par Léon Gambetta, met en place un gouvernement provisoire dit de Défense nationale. La République est proclamée le 4 septembre. Le 19 septembre, commence alors le long siège de Paris.
Le 114e RI va participer à la défense de la ville encerclée par les troupes allemandes. Il effectue une reconnaissance offensive sur Châtillon le 13 octobre. Il prend part à la bataille de Champigny (30 novembre-2 décembre) où l’on se bat au corps à corps.

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Le four à chaux (détail). Fragment de la bataille de Champigny, Alphonse de Neuville © Wikipédia

Le 5 décembre, le 114e RI est informé qu’il passe sous les ordres du général Faron. Le 21 décembre, le régiment est engagé à la bataille du Bourget, avant d’occuper Bobigny en janvier 1871 et d’être cantonné en baraquement sur le boulevard Rochechouart. Le 27 janvier, le lieutenant-colonel Boulanger est promu colonel et devient chef de corps du 114e. Le lendemain, 28 janvier, l’armistice est signé. La bataille de Paris prend fin.
Après l’armistice, le 114e demeure dans la capitale et va participer à la semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871 qui écrase la Commune de Paris. Je ne sais pas si Jean est encore sous les drapeaux à cette date, j’espère qu’il n’a pas servi pendant la répression de la Commune. En tout cas, je suis sûre qu’il est de retour dans son village le 16 octobre 1871 puisqu’il est témoin au mariage d’une de ses sœurs. Il a eu la chance de survivre quand de nombreux jeunes hommes dont 1700 Deux-Sévriens ont perdu la vie dans ce conflit.

Jean retrouve finalement son village, ses parents et son métier de paysan. La famille part s’installer à Épannes, un hameau de Faye-sur-Ardin. Bientôt, Jean rencontre Marie Barbot une jeune fille du voisinage. Elle a 25 ans et lui en a 30 quand ils se marient en 1879. Loin d’ici, à Paris, Mac Mahon a démissionné et laissé la présidence de la IIIe République à Jules Grévy. Après le mariage, notre couple s’installe dans le bourg de Faye-sur-Ardin où Jean est toujours agriculteur. Hélas ! ils n’auront pas d’enfants, ce sera le grand drame de leur vie. Leurs neveux permettront de combler ce vide affectif, notamment mon grand-père Calixte. Il faut dire que l’oncle et le neveu sont très liés. Calixte n’avait pas 5 ans quand il a perdu sa mère. Jean Richard et sa femme Marie Barbot vont s’occuper du petit orphelin. Ils vivent tous dans le village de Faye-sur-Ardin. Le petit garçon est très souvent chez eux. Quand son père se remarie 3 ans plus tard, sa nouvelle épouse prend soin du petit Calixte sans lui offrir autant d’affection qu’une mère. Son oncle et sa tante, Jean Richard et Marie Barbot, restent importants pour lui. En grandissant, il reste attaché au couple vieillissant.
C’est avec inquiétude que Jean Richard voit partir son neveu à la guerre 14-18. Calixte sera blessé lors du conflit, mais heureusement il retrouvera les siens en août 1919. La paix revenue, Calixte se marie en 1922 avec Céline Bouet. Bientôt arrive un bébé, prénommé Jean comme son grand-oncle ! Quelques années plus tard, en 1930, une petite fille voit le jour, c’est Janine, ma mère. Les 2 enfants font la joie de Jean Richard et de sa femme. Malheureusement, l’année suivante, Marie Barbot s’éteint à 77 ans. Jean a alors 81 ans. Il habite toujours dans sa maison. Il s’occupe de son ménage, fait la cuisine et entretient son grand jardin et ses arbres fruitiers.
Il accueille souvent sa petite-nièce Janine qui vient d’entrer à l’école primaire. L’école est juste à côté de sa maison, il a proposé que la petite vienne déjeuner avec lui à midi. Ma mère se souvient très bien de ces repas avec un grand-oncle très gentil. Mais comme tous les enfants, elle avait surtout envie de retourner au plus vite à l’école pour rejoindre ses copines… Puis, sans doute au début de la guerre, vers 1940, alors qu’il a déjà 90 ans, il doit quitter son domicile pour aller vivre chez son neveu Calixte. Il s’y occupe encore un peu, se promène aux alentours et bien sûr entretient tant qu’il le peut le jardin familial.

Les anecdotes que je connais sur Jean Richard, « le centenaire » comme on l’appelait, datent de la fin de sa vie. C’est grâce aux récits de ma mère que je peux en parler.  Et aussi grâce à cette photo qu’elle commentait quand nous regardions les images de son enfance.

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22 janvier 1949 centenaire de Jean Richard. Archives familiales

Sur ce cliché, réalisé le jour de ses 100 ans, on aperçoit le vieil homme, une cigarette au coin de la bouche, impassible, presque absent, assis dans son fauteuil, des bouquets dans les bras. Il semble détaché, peu concerné par l’événement, encombré par les fleurs. Ce sont ses neveux, ses nièces et ses amis qui l’entourent. Parmi eux, je reconnais mon grand-père Calixte, à droite derrière lui.
Tout le monde a souhaité fêter l’évènement, Calixte et sa famille bien sûr, car si Jean n’a pas d’enfant il ne compte pas moins de 8 neveux, 8 nièces et 75 petits et arrière-petits-neveux.
En consultant le Courrier de l’Ouest, j’ai pu retrouver quelques articles. Les journaux se sont intéressés à lui. À cette date, ils ne sont plus que deux mobiles de 1870 encore en vie dans les Deux-Sèvres, Jean Richard et Jean David de Pamproux qui lui a fêté ses 100 ans le 18 janvier 1949.

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Jean Richard, le Courrier de l’Ouest 24 janvier 1949

Le grand jour arrive. Ce 22 janvier, la commune est en ébullition. Le matin, une messe est célébrée dans l’église de Faye-sur-Ardin, plusieurs prêtres officient et l’église s’emplit de musiques et de chants. Jean est entouré de toute sa famille. Les neveux et nièces sont venus nombreux. Narcisse, le fils de son frère, le seul à porter le nom de Richard, a fait le déplacement depuis Niort avec son épouse. Léon Barbot, un autre neveu du côté de Marie Barbot, est là aussi, il vient de Coulonges où il vit avec sa femme. On l’aperçoit d’ailleurs sur la photo de groupe (en haut à gauche), il a sorti son haut-de-forme pour l’occasion. Désiré Eugène Russeil, autre neveu, ancien gendarme, est même interviewé par la presse. Il se dit très fier d’être présent pour accompagner son « oncle en ligne directe ».
Puis, tout le monde se retrouve autour d’un déjeuner, dans la salle communale. Ma mère fait partie des cuisinières, elle a 17 ans et elle est heureuse de préparer le repas pour ce grand-oncle qu’elle aime beaucoup.
Après le banquet, on fait faire le tour du village en musique à l’impétrant, en le transportant dans son fauteuil ! Tout cela dans une atmosphère joyeuse de kermesse.
Puis, vers 15 h, place à la réception officielle ! La commune a délégué une partie de son conseil municipal, conduit par M. Bouniot son maire. Les édiles de Villiers-en-Plaine, Béceleuf et Saint-Pompain assistent aussi à l’événement. On note la présence de M. Bèche, député, du docteur Auchier conseiller général et bien sûr du président des anciens combattants, son neveu et mon grand-père, Calixte Garnier. Sans oublier les diverses sociétés locales, sapeurs-pompiers, musique, anciens prisonniers et société d’éducation populaire.
Le maire fait un discours. Des enfants lisent des compliments. Émile Bèche remet la rosette de chevalier du Mérite agricole. Enfin, la fanfare joue la Marseillaise. La famille remercie le maire et les personnalités présentes et tout le monde se retrouve autour d’un vin d’honneur. Pour terminer cette journée, un cortège se rend au monument aux morts pour déposer une gerbe et observer une minute de silence.

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Le Courrier de l’Ouest 3-2-1949

Un long samedi pour Jean Richard ! Il en sort bien fatigué. Le médecin venu quelques jours plus tôt avait dit que le vieil homme faiblissait, qu’il fallait le surveiller. Après cette journée épuisante, il se referme sur lui-même. Une dizaine de jours plus tard, le 2 février 1949, il s’éteint doucement auprès des siens.

Au cours de sa longue vie, le monde a changé. Jean a connu un Empire, trois Républiques et trois guerres. Il a traversé le siècle dans son petit village du Poitou, ne le quittant qu’une seule fois à 20 ans pour aller faire la guerre. À la fin de ses jours, il préférait sans doute se souvenir de ses champs, de son potager et des moments passés auprès de sa femme, de son neveu et bien sûr de sa petite-nièce.

Sources :
Michel Montoux. Les Coulongeois et la guerre de 1870-1871. Revue Orcanye N°26
Les carnets de Victor Germain, un mobile de 1870. Exposition du Cercle Généalogique des Deux-Sèvres
Le Courrier de l’Ouest du 13 janvier 1949, 14 janvier 1949, 24 janvier 1949 et 3 février 1949
Historique du 114e RI sur Gallica et sur Wikipédia

* Le Courrier de l’Ouest de 1949, rapporte les souvenirs de Jean Richard. Il semble bien que cette hypothèse soit fiable puisque 2 articles différents du quotidien rappellent le régiment de rattachement du centenaire pendant la guerre de 1870.

17 commentaires sur “Jean Richard, un soldat de la guerre de 1870 devenu centenaire

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  1. Très bel article, très touchant. Bravo pour le travail de recherche sur les régiments pendant la guerre. Savez-vous s’il y a des archives à la mairie sur la célébration de son centenaire?

    Aimé par 1 personne

    1. Merci ! Concernant la mairie, je ne sais pas et je dois dire que je n’y avais même pas pensé, dommage ! Par contre, je n’ai pas pu consulter l’autre quotidien régional, il est en réparation aux AD 79 et la médiathèque régionale est fermée pour travaux…

      Aimé par 1 personne

  2. Très beau récit, félicitations pour tous ces détails de sa vie. J’ai moi-même le frère de mon arrière grand-père qui a fait la guerre de 1870 et a été prisonnier en Prusse, il en est revenu mais est décédé très jeune, son frère, mon arrière grand-père né en 1850 donc 20ans en 1870 a été dans la garde nationale mobile vu que son frère était déjà parti à la guerre. J’ai retrouvé leurs livrets militaire à tous les deux et j’en suis très heureux. Encore merci de nous avoir relaté cette belle histoire.

    Aimé par 2 personnes

    1. Merci beaucoup, cet article sera aussi publié dans la prochaine revue du Cercle généalogique et, si j’en crois Raymond, y figurera également un article sur ce prisonnier de la guerre de 1870. Je lirai donc avec plaisir votre récit.

      J'aime

  3. Bonjour Madame,
    Bravo pour votre excellent article. Votre arrière-grand-oncle ayant fait partie des Gardes Mobiles, il a dû tirer un mauvais numéro et acheter un remplaçant pour faire le service militaire à sa place. Voici un extrait d’un article trouvé sur le livre « Les Gardes Mobiles de Dordogne » d’Émile Géraud sur Gallica.Bnf sur lequel je travaille actuellement pour un bulletin local.

    « Origine de la Garde Nationale Mobile.
    « La Garde Nationale Mobile, créée le 25 février 1848, était destinée à la défense du territoire mais considérée comme une armée de seconde ligne.
    « Jusqu’en 1870, la durée du service militaire était de 7 ans. L’armée se composait donc de 7 classes de jeunes gens pris chaque année sur le contingent par voix de tirage au sort, jusqu’à due concurrence du nombre de conscrits fixé par la loi de recrutement.
    Le reste du contingent annuel, c’est-à-dire les favorisés du tirage au sort, les dispensés, fils de veuve ou soutiens de famille, et enfin les jeunes gens qui, ayant tiré un mauvais numéro et ne voulant pas servir, s’étaient à prix d’argent procuré un remplaçant, ce qu’autorisait la législation en vigueur à cette époque, tout cela constituait la Garde Nationale Mobile, créée, je le répète, dans le but de concourir avec l’armée active à la défense du sol de la patrie. »
    Le créateur de cette « milice » était le Maréchal Niel, l’un des derniers ministres de la guerre du gouvernement impérial. »
    Cordialement.
    Pierre MILLET

    Aimé par 1 personne

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