Mathias Enard. Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs

Avec Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs, Mathias Enard, prix Goncourt pour son roman Boussole, quitte les rivages de la Méditerranée pour rejoindre les terres de son enfance. il plante le décor de son nouveau récit en Deux-Sèvres, entre Niort et Coulonges-sur-l’Autize, c’est à dire au cœur de ma généalogie… dans un village fictif appelé La Pierre-Saint-Christophe, à quelques encablures des paroisses de mes ancêtres : Faye-sur-Ardin, Coulonges, Échiré…

Son histoire débute avec l’arrive de David Mazin, jeune ethnologue venu dans cette France profonde observer les autochtones et rédiger sa thèse. Il s’installe dans un petit logement, loué à un couple de paysans du village et découvre les habitants du lieu : le maire qui outre ses activités d’édile dirige une entreprise de pompes funèbres, le patron du café et les habitués du bar, mais aussi une jeune maraîchère, son cousin et son grand-père, une coiffeuse sans oublier un artiste parisien exilé et un couple d’Anglais. David s’installe, prend ses marques, explore les lieux, va au marché de Coulonges et découvre le marais tout proche.

Ensuite, tout se complique… mais il ne faut pas trop dévoiler le roman, sachez seulement qu’il prend très vite de l’ampleur et se développe en un récit foisonnant où l’ordonance laisse la place à une vaste ronde des hommes et des époques. Mathias Enard évoque ici toute l’histoire et la vie de cette terre. Il convoque Rabelais, Mélusine, Agrippa d’Aubigné, Villon et bien d’autres. Il fait se croiser les guerres et les conflits, tour à tour nous côtoyons les Sarrazins, les protestants, les chouans. Mais personne n’est oublié, les plus humbles comme tous les êtres vivants sont ici présents, et l’écologie apparaît au cœur des besoins de ce monde fourmillant de vie, même si la mort n’est jamais loin. Au centre du récit, le banquet des fossoyeurs est comme le point d’orgue de cette fable.

En racontant l’histoire d’une terre, des hommes qui y vivent et leur filiation parfois surprenante, l’auteur évoque l’universalité de la vie. Les histoires se croisent, s’imbriquent, les vies se bousculent et se percutent. Dans une langue riche, vivante et imagée, avec des phrases amples, en se jouant de la temporalité, Mathias Enard construit un roman baroque, drôle, puissant et picaresque qui raconte un pays et une terre.
Un roman à découvrir absolument, même si on n’a pas ses racines en Poitou !

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